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Histoire(s) stéphanoise(s)

Mai 68 à Saint-Étienne

La salle d'accueil de l'Université de Saint-Etienne, rue Baulier en mai 1968 (2 Fi ICONO 3809).

À Saint-Étienne, le collège littéraire universitaire est le principal foyer de la contestation. Avec la grève du 13 mai, les ouvriers entrent dans le mouvement.

La situation ouvrière

La situation de l'emploi est préoccupante : la fermeture annoncée des Houillères pour 1974, la croissance modeste des industries métallurgiques, mécaniques et textiles annoncent plus ou moins la récession. Saint-Etienne ne profite donc pas vraiment de la croissance économique. La grande grève des mineurs en 1963, celles des métallurgistes en 1966 et 1967 témoignent du malaise. Le taux de syndicalisation élevé, l'influence prédominante de la CGT caractérisent le monde ouvrier stéphanois et contribuent à donner aux mouvements sociaux dans le bassin un aspect sérieux et discipliné. Il faut souligner la présence d'une CFDT active et en plein essor.

La situation universitaire

Saint-Etienne est en 1960 la seule grande ville de France sans université. A côté de l'Ecole des Mines (créée en 1818), de l'ENISE (1961), de l'ISGC (1962) et de l'IUT (1967), il n'existe que des premiers cycles (littéraires, scientifiques et juridiques ouverts en 1961) rattachés à l'université de Lyon. Les acteurs politiques et économiques sont unanimes à réclamer une université de plein exercice. A l'automne 1966, l'AGESE fait circuler une pétition en ce sens. La situation matérielle des étudiants stéphanois (dont le nombre est passé de 400 en 1961 à 2700 en 1967) est facteur de revendications. Tout reste à créer : cités, restaurants, bibliothèques...

Les étudiants stéphanois dans la grève

L'AGESE, à contre courant du mouvement national, refuse de suivre le mot d'ordre de grève générale lancé par l'UNEF le 6 mai en réaction aux brutalités policières parisiennes. Tout en condamnant ces dernières, sa présidente Michèle Pinos estime que la violence est aussi le fait de quelques groupuscules gauchistes irresponsables et que la grève discréditerait le mouvement étudiant en mettant en péril les examens. Le bureau de l'AGESE, dans lequel les communistes sont majoritaires, tente d'éviter la prise de contrôle de l'association par des "pseudo révolutionnaires" comme ce fut le cas dans d'autres universités. L'assemblée générale du 7 mai tourne à son désavantage, les étudiants votent la grève, d'abord pour deux jours (8 et 9 mai) puis générale après le 13 mai. La grève des 8 et 9 mai moyennement suivie avec néanmoins 70 % des effectifs du CLU et 80 % du CSU permet une prise de conscience des étudiants qui entament des débats sur le rôle et le fonctionnement de l'université.

Le Collège Littéraire Universitaire (CLU) est le principal foyer de la contestation. Il compte le plus grand nombre d'étudiants, ses représentants sont donc les plus nombreux au sein de l'Assemblée générale qui le 7 mai s'oppose à l'AGESE. Ils récidivent le 16 mai en votant le boycott des examens et en instaurant des commissions mixtes. Le 22 mai, ils décident d'occuper les locaux. Occupation qui dura jusqu'au 29 juin dans le calme et la bonne ambiance. Les autorités "déplorèrent" la pose d'un drapeau rouge et d'un drapeau noir sur la façade. Principale conséquence des évènements pour les étudiants : les pouvoirs publics et les élus, en particulier Michel Durafour, obtiennent à l'automne la création d'une université de plein exercice.

Les 290 élèves des classes préparatoires aux grandes écoles affichent encore une plus grande détermination que les lycéens et les étudiants du CLU. Leur action débute le 17 mai (5 jours avant l'appel à la grève générale) par une assemblée générale qui désigne les membres du Comité d'action et élabore une motion sur le réaménagement des études, la participation effective à la vie du lycée, l'autodiscipline et la solidarité universitaire. Ils tentent de coordonner leur action au niveau national en contactant les "prépas" de Strasbourg et de Paris donnant en plus une coloration révolutionnaire à leur mouvement par quelques critiques de la société. Mais les "prépas" profitent plus de la révolte qu'ils ne l'alimentent cherchant à faire aboutir des revendications spécifiques : obtenir un véritable statut étudiant avec les avantages qui lui sont attachés. A partir du 20 mai, près des trois quarts d'entre eux occupent le lycée Fauriel. La grève se poursuit au mois de juin, elle est prolongée le 12 juin par 80 % des effectifs présents.

Au regard des forces respectives (quelques centaines d'étudiants pour une population majoritairement composée d'ouvriers) le mouvement, à Saint-Etienne, change de nature à partir du 13 mai.

La grève du lundi 13 mai

C'est l'un des plus importants rassemblements qu'ait connus Saint-Etienne depuis la Libération. La presse évoque 20 000 manifestants étirés sur plus d'un kilomètre mais n'oublie pas de souligner le retour dans l'après-midi des footballeurs de l'ASSE vainqueurs de la Coupe de France.

Félix Franc, leader de la FEN, chargé de prononcer le discours au balcon de la Bourse du travail, adopte une tonalité révolutionnaire -"Nous sommes, et la journée d'aujourd'hui doit être pour nous tous une prise de conscience, au seuil d'une révolution extraordinaire. La force ne peut rien contre le courant de l'Histoire"- et appelle à poursuivre la mobilisation. La CGT n'apprécie guère ces propos mieux compris de la CFDT.

La grève générale dans l'industrie

Au lendemain de la grève du 13 mai, les ouvriers ont pris conscience de leur force et spontanément cherchent à étendre le mouvement. les premières grèves dites "sauvages" éclatent : le 14 à Sud Aviation puis à Renault-Cléon et surtout à Flins. Les syndicats entretiennent le mouvement plus qu'ils ne l'encouragent car la crainte de l'échec reste présente (aucune victoire significative depuis la grève des mineurs de 1963). Pourtant les revendications sont nombreuses (salaires, 40 heures, retraite à 60 ans, abrogation des ordonnances de 1967 sur la Sécurité sociale...). La CGT est plus prudente qu'une CFDT poussant ses sections d'entreprises à occuper les usines.

Le vendredi 17 mai, alors que la France compte déjà 200 000 grévistes, à Saint-Etienne la section CGT de la CAFL (Compagnie des Ateliers et Forges de la Loire) lance le mouvement de sa propre initiative à 20 h 45. Les cheminots suivent dans la nuit entraînant la paralysie complète du trafic.

Le lundi 20 mai la grève s'étend à la plupart des entreprises stéphanoises. Dans la métallurgie, secteur clé, 40 entreprises ont débrayé dont 26 sont occupées (24 755 grévistes). Le lendemain les 2/3 des métallos du département sont en grève. 6500 mineurs sur 7200 cessent aussi le travail, le puits Couriot est occupé dès 6 h le lundi. Le 21 mai toutes les entreprises de plus de 50 salariés sont en grève.

Etat des grévistes dans les secteurs clés de l'industrie

Le 20 mai : Manufrance (2500), Manufacture d'armes (1900), CRC (870), métallurgie et mécanique (7500).

Le 22 mai la grève gagne le textile : Giron (390), Thuasne (212), Rousson-Vincent (230).

Fédérations et Unions locales des syndicats, dans un premier temps restées à l'écart, reprennent la direction de l'action. La Bourse du travail devient une véritable ruche, des centaines de militants s'activent, les informations circulent, les secrétaires des syndicats sont sollicités pour des conseils, le préfet reçoit dès le 21 mai des délégations ouvrières et patronales... Dans les entreprises, l'occupation s'organise pour durer.

Cette situation, qui se retrouve dans toute la France, contraint le Gouvernement à ouvrir des négociations le 25 mai au ministère de Travail. Elles débouchent le 27 mai sur les accords dit de Grenelle applicables à compter du 1er juin (SMIG à 3 F. de l'heure, augmentation des salaires de 7 %, réduction de la durée de travail de 2 h pour les horaires supérieurs à 48 h et de 1 h pour ceux situés entre 45 et 48 h en 1970 et plusieurs dispositions sur l'emploi, la formation, l'exercice du droit syndical dans les entreprises...).
Le rejet de ce texte par la base révèle aussi les divergences entre une CGT surtout préoccupée de revendications quantitatives (augmentation de salaires) et une CFDT qui insiste plutôt sur les aspects qualitatifs (conditions de travail).

C'est le mardi 28 mai que le grève est à son apogée (53 000 métallos dans le département de la Loire).

Le 29 mai, le mouvement entre dans sa phase politique. Le PCF appelle à l'Union Populaire. L'Union Locale CGT organise une manifestation : 12 000 manifestants répondent. Par contre l'UNEF et la CFDT s'abstiennent en raison du refus de la CGT de soutenir Daniel Cohn-Bendit expulsé de France.

La grève est toujours générale dans la ville, alors même que la tendance est à la reprise partielle dans certaines agglomérations (Lens, Reims...). Certaines entreprises textiles viennent même grossir le contingent des grévistes.

La grève générale dans l'enseignement

Contrairement aux syndicats ouvriers qui ont discuté puis rejeté cette option, le bureau national de la FEN lance dès le 22 mai un mot d'ordre de grève générale illimitée. Les sections départementales des syndicats enseignants suivent en réclamant une réforme complète de l'éducation nationale et en affichant leur solidarité totale avec la révolte contestatrice de la jeunesse.

Immédiatement la quasi totalité des enseignants est en grève dans le département (95 % dans l'enseignement primaire soit environ 3600, 85 % dans l'enseignement technique et secondaire soit environ 1600). Des commissions de travail professeurs - élèves sont instaurées dans les différents lycées. Les discussions s'organisent autour de quatre thèmes : créations de postes pour réduire les effectifs à 25 élèves par classe, augmentation de salaires, abolition de la réforme Fouchet de l'université, transformation des conditions de vie et de travail dans les lycées. Le cahier de doléances du lycée Simone Weil illustre bien ces réflexions (reproduit dans le mémoire de DEA d'histoire de Gilles Massacrier Les caractéristiques du Mai 68 stéphanois coté 2 S 237).

Dans l'enseignement privé, l'initiative de la grève serait plutôt le fait des élèves que des enseignants qui auraient seulement accompagné le mouvement si l'on en croit l'exemple du collège Notre-Dame de Valbenoîte.

La grève générale dans les administrations d'Etat

Aux PTT, dès le 20 mai, on compte déjà un gréviste sur deux au central téléphonique, 84 % à la poste centrale et 90 % au bureau de la gare. Le mouvement gagne progressivement les agences de quartiers, le plus souvent avec occupation des locaux. 100 000 lettres sont en souffrance et seules les communications urgentes sont assurées. Le préfet utilise les lignes téléphoniques de l'armée. A EDF-GDF, la CGT cherchant à éviter un conflit trop dur ne procède à aucune coupure d'électricité. Les organismes sociaux s'engagent rapidement dans le conflit, tandis que les administrations financières et les Ponts et Chaussées ne se déterminent qu'après l'échec des négociations du 28 mai.

Les effets du mouvement sur la vie quotidienne

Ce sont surtout la grève des transports et les difficultés d'approvisionnement qui gênent les Stéphanois. Ceux-ci découvrent ou redécouvrent les joies de la bicyclette et de l'auto-stop. Dès le 21 mai, trouver de l'essence devient ardu (la demande est ce jour-là 7 fois supérieure à la normale). Au même moment, l'achat massif de denrées alimentaires (sucre, huile, pâtes, riz, café, pommes de terre, conserves et vin...) provoque un début de pénurie, phénomène plus sensible dans les supermarchés que dans les magasins. Produits d'épicerie, fruits et légumes deviennent rares dans les derniers jours du conflit.

Le Comité intersyndical d'aide aux grévistes s'efforce à partir du 25 mai d'approvisionner les petits commerces en pommes de terre de Haute-Loire. Il obtient de la mairie l'ouverture des cantines scolaires aux enfants des grévistes. La FDSEA soutient le Comité en fournissant du lait, des oeufs, du fromage... distribués aux familles de grévistes par l'intermédiaire des COOP.

30 mai 1968 : allocution du général de Gaulle

A Saint-Etienne, comme ailleurs, l'allocution du général de Gaulle marque un tournant dans le conflit. Peu à peu se dessine la reprise du travail. Si on ne relève aucune manifestation de rue en soutien au général, "l'action civique" qu'il appelait de ses voeux enregistre ses premiers volontaires : des chefs d'entreprise, le directeur local de l'ORTF ou encore la section de la Loire des Combattants volontaires. Lucien Neuwirth, leader incontesté du parti gaulliste dans le département, en prend la tête. Sis place Dorian, ces Comités distribuent de nombreux tracts dont certains sont conservés aux Archives municipales. Soucieux de voir les élections législatives annoncées par le chef de l'Etat se dérouler dans le calme, ils tiennent des propos modérés comme en témoigne la déclaration de Lucien Neuwirth distribuée le 30 mai : "Stéphanoises, Stéphanois, dans trois semaines vous aurez à vous prononcer. Quel que soit votre choix, quel que soit votre camp, votre devoir est de participer à l'action civique pour que nos usines tournent, que nos enfants soient à l'école, pour que la vie reprenne afin de faire face aux prochaines et lourdes échéances économiques et démontrer à tous notre volonté de progrès et notre permanent désir de promotion par le travail".

Plus virulents sont les Comités de Défense de la République (CDR), sis place Dorian, dont certains tracts évoquent les "agitateurs étrangers qui insultent la France". On leur attribue la responsabilité d'une provocation aux Aciéries et Forges du Forez rue de la Montat dans la nuit du 30 au 31 mai. Un commando, comptant un des gardes du corps de Lucien Nicolas, candidat aux élections législatives, et peut-être celui-là même, détruit par le feu un mannequin représentant un général de Gaulle brocardé par les grévistes. Il s'ensuit une courte bagarre avec les grévistes.

La reprise du travail et les acquis

Dès le 31 mai, des négociations s'engagent dans chaque entreprise et au fur et à mesure que des accords plus avantageux que ceux de Grenelle sont acquis, la grève s'arrête. Dans les premiers jours de juin deux secteurs seulement restent en lutte : l'enseignement et la métallurgie.

A la SNCF, l'accord s'établit dans la nuit du 4 au 5 juin sur une augmentation moyenne des salaires de 13 % et une réduction de la durée hebdomadaire du travail à 44 h 30 (contre 46 h) pour l'essentiel.

Chez Manufrance les négociations durent 25 heures et débouchent sur un salaire minimum fixé à 600 F (soit 80 à 90 F d'augmentation pour les bureaux et les magasins), le paiement de la moitié des journées de grève sans récupération et des deux jours fériés de l'Ascension et de la Pentecôte. Le travail reprend le 6 juin.

En revanche le conflit perdure chez les métallos. A la CAFL, ils votent, à mains levées, la grève à l'unanimité le 4 juin. Entrés les premiers dans l'action, ils tiennent à en sortir la tête haute. Une grande manifestation unitaire est organisée le 6 juin devant le siège de l'ASMPL (Association des Syndicats Métallurgiques Patronaux de la Loire) : 10 000 métallos sont boulevard Karl Marx. A l'issue d'une dure négociation, les syndicalistes arrachent un protocole très avantageux : augmentations des salaires (19,23 % pour le manoeuvre, 11,66 % pour le P3, 17,7 % pour l'OS3), 5ème semaine de congés payés pour les jeunes de moins de 20 ans, paiement des journées de grève, réduction du temps de travail, abaissement de l'âge de la retraite, garantie de l'emploi, extension des libertés syndicales. Le compromis, approuvé par tous les membres de l'ASMPL, est soumis aux métallurgistes dans chaque entreprise. Discuté en assemblée générale, il est l'occasion d'échanges directs entre le patron et les salariés qui se sentent enfin reconnus et écoutés. Le 14 juin, tous les métallos ont repris le travail.

A Saint-Etienne, les derniers conflits s'arrêtent chez Bennes Marrel le 17 juin et chez Peugeot le 20 juin. Le 26 juin, le mouvement est terminé dans le département.

Les élections législatives des 23 et 30 juin

Etonnant constat, le 30 juin, à l'issue d'un mouvement sans précédent, le scrutin laisse apparaître un paysage politique local sans changement.

Michel Durafour (PDM -Progrès Démocratie Moderne- parti centriste) est réélu dans la 1ère circonscription de Saint-Etienne à l'issue d'une triangulaire avec Lucien Nicolas (ligne dur de l'UDR -Union pour la Défense de la République- parti gaulliste) et Michel Olagnier (PCF -Parti Communiste Français). Lucien Neuwirth retrouve son siège dans la 2ème.

Ces deux personnalités se sont distinguées par leur modération pendant les évènements. Le maire Michel Durafour qui avait salué le 4 juin au Conseil municipal "l'extrême sagesse et l'extrême pondération dont ont témoigné toutes les parties en présence, qu'il s'agisse des Comités de grève, du monde industriel et commerçant, des consommateurs. Tous ont témoigné d'une dignité et d'un sens de l'Etat exceptionnel. Voilà pourquoi dans cette grande ville ouvrière les revendications ont revêtu, sans manquer de force pour autant, une modération qui a étonné l'opinion publique française" a tenu à ce que les cantines scolaires accueillent les enfants des grévistes et obtenu le maintien du ramassage des ordures ménagères par les grévistes un jour sur deux. Lucien Neuwirth a évité que l'esprit partisan ou revanchard ne gagne l'UDR.

1 commentaire

  • Cou-Tors, 4 juin 2015 à 12h13Répondre
    Complément d'informations et d'archives sur :
    http://1968-73saint-etienne.over-blog.com

Repères chronologiques 

1961 : création du Collège Scientifique Universitaire (CSU), de l'Institut des Sciences Juridiques (Collège Juridique Universitaire après 1967) et de l'ENISE.

1962 : création de l'Institut Supérieur de Gestion Commerciale (ISGC).

1965 : création du Centre Littéraire (Collège Littéraire Universitaire -CLU- après 1967).

1966 (mars) : grèves des métallurgistes et des cheminots.

1966 (novembre) : grève des métallurgistes.

1967 (février) : grèves et manifestations des métallurgistes et des ouvriers de Manufrance.

1968 (14 mars) : grève de l'AGESE (Association Générale des Etudiants de Saint-Etienne) pour la création d'une université à Saint-Etienne, la réforme de l'enseignement et l'amélioration des conditions de vie et d'études.

1968 (6 mai) : l'AGESE refuse de suivre le mot d'ordre de grève générale de l'UNEF. Grève de 2 jours des étudiants de l'ENISE.

1968 (7 mai) : grève des étudiants de l'IUT. La grève est décidée par la base de l'AGESE pour le 8 mai.

1968 (16 mai) : l'assemblée générale des étudiants du CLU vote à bulletins secrets le boycott des examens.

1968 (18 mai) : des assemblées générales de militants CGT et CFDT appellent à l'extension de la grève.

1968 (20 mai) : la grève se généralise (5000 mineurs, 40 entreprises métallurgiques, transports urbains, 1500 employés EDF-GDF). Début d'occupation de locaux à l'URSSAF et aux PTT.

1968 (21 mai) : le mouvement s'étend au Livre (les quotidiens ne paraissent plus jusqu'au 5 juin), au textile, à la trésorerie générale, à la Sécurité Sociale et à la Caisse d'Allocations familiales.

1968 (23 mai) : occupation totale du bureau de tri postal de la gare de Chateaucreux.

1968 (24 mai) : réunions entre syndicalistes et étudiants. La CGT et l'AGESE sont violemment prises à partie.

1968 (29 mai) : suite à l'échec des négociations de Grenelle, manifestation CGT et FEN. Premiers incidents entre grévistes et non-grévistes.

1968 (30 mai) : rassemblements FEN, CFDT, FO, CS-UNEF rejoint in extremis par la CGT.

1968 (31 mai) : reprise du travail au siège social de la chocolaterie Casino (400 personnes).

1968 (4 juin) : généralisation de la reprise du travail à l'exception de la métallurgie.

1968 (6 juin) : longue marche de 10 000 métallos de la Bourse du travail au boulevard Karl Marx.

1968 (7 juin) : reprise partielle du travail dans l'enseignement primaire. Vote de la grève illimitée par les élèves de l'Ecole des Mines.

1968 (8 juin) : reprise du travail des employés municipaux (ramassage des ordures et repas des cantines scolaires ont été assurés pendant tout le mouvement).

1968 (10-12 juin) : reprise des cours dans l'enseignement primaire, secondaire et technique.


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