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Histoire(s) stéphanoise(s)

Evadés de France

Annonce de la capitulation allemande dans La Dépêche démocratique du 8 mai 1945 (7 C 8/4).

Elise Laplace, institutrice à partir des années 1940 à Saint-Etienne et dans les alentours, raconte sa vie pendant la guerre.

Ainsi appelle-t-on tous ceux qui, pour une raison ou une autre, ont rejoint la France libre : résistants pourchassés, juifs, réfractaires au STO. Ils ont le plus souvent franchi les Pyrenées, barrière réputée infranchissable.

Des Stéphanois ont été de ceux-là. Mon cousin Jo fut un de ces hommes courageux. En 1943, il quitta la France. Avec deux compagnons, il regagna Andorre, déjouant les pièges de la Gestapo ou de la milice. Tous possédaient de faux papiers remis par leur filière. Ceux de Jo lui attribuaient la nationalité de Canadien Français. A San-Julian-de-Loria, ils contactèrent un correspondant. Passeur, fournisseur de passeur? Je ne sais pas.

Toujours est-il qu'ils parvinrent à franchir la frontière. Là, vendus peut-être, ils furent arrêtés et dirigés vers une des geoles improvisées, les prisons officielles étant remplies de soldats de l'armée républicaine, ou des Brigades Internationales, vaincus par l'armée franquiste. Après un bref séjour, ils furent transférés en camp de concentration où étaient déjà incarcérés des Espagnols depuis 1939. La vie y était dure. Un des prisonniers espagnol dit un jour à mon cousin : " Pour garder le moral et ma foi intacts, tous les jours, à la messe (obligatoire), je chante dans ma barbe, non pas les psaumes, mais l'Internationale!"

En Algérie, le gouvernement de la France libre ne resta pas inactif. Pour sauver ces quelque 3 000 prisonniers, il organisa la Croix-Rouge en Espagne. Le système consistait à échanger contre un homme, un sac de blé fourni par les Américains. C'est ainsi que notre "Canadien-français de Saint-Etienne'', comme on l'appelait au camp, put regagner l'Algérie à travers le Portugal et le Maroc.

Il s'engagea aussitôt dans les Forces Françaises libres. Avec la 5ème DB, le 15 août 1944, il débarqua en Provence. Nous ne le revîmes qu'en 1945 à la fin de la guerre. Jusqu'à la fin, il se battit dans l'armée Rhin-et-Danube, fusion des troupes des généraux Leclerc et Delattre.

Elise Laplace

Août 2015

 

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