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Saint-Denis-sur-Coise : 5-14 mars 1945

Une salle de classe dans les années 1930-1940 (39 Fi 452).

Elise Laplace, institutrice à Saint-Etienne et dans les alentours, raconte ses débuts dans la profession en 1945.

Pour rejoindre Saint-Denis, le terminus du car étant Chazelles-sur-Lyon, je découvris un parcours pédestre de quatre kilomètres. Mais il faisait beau. Pas d'hôtel à Saint-Denis, seulement un café-restaurant. L'instituteur titulaire du poste occupait le logement de fonction dans l'école. Généreusement, sa femme et lui m'offrirent de coucher dans une chambre indépendante.

C'est dans une classe unique de garçons, lourdement chargée, que j'avais à intervenir. Il n'y avait pas d'école publique de filles dans le village. Celles-ci, y compris les deux de l'instituteur laïc, fréquentaient l'école privée où enseignaient des soeurs. La rumeur publique, mais était-ce vrai?, voulait que l'une d'elle fût mal-voyante! Dans l'intransigeance de mes 20 ans, je ne comprenais pas qu'une telle situation existât (je ne le comprends toujours pas).

Tous les enfants étaient présents et j'essayais de suivre le programme établi par le maître, non sans difficulté. La classe unique est une classe difficile à gérer. Faire qu'aucun des cours ne soit inactif, voler du CP, au CE1, au CE2, au CM1, au CM2, à la classe de fin d'études en essayant de trouver des leçons communes à des sections, relève d'une connaissance approfondie des programmes, des enfants. Ce fut pour moi une dure expérience, et sans doute, ne m'en suis-je qu'incomplètement sortie.

Je passais dans la classe une partie des soirées ne la quittant qu'à l'heure du restaurant. Je retrouvai une cuisine "de restrictions". Au dernier repas, on me servit des navets, or je déteste ça. Je me forçai à les manger. J'eus une telle indigestion que je souffris de troubles digestifs prendant des jours. Heureusement j'étais chez moi, sans poste.

Je n'ai plus jamais mangé de navets.

Elise Laplace

Août 2015

 

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