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L'aide à l'Ecole Nationale Professionnelle

Concrètement, les revenus du legs sont avant tout destinés à compléter les crédits que l’Etat consacre à l’Ecole Nationale Professionnelle de Saint-Etienne. Mimard demande également que la Ville crée « une école municipale des métiers » pour « remplacer l’apprentissage long et souvent rétrograde » ; « cette école, dont les programmes seraient plus modestes, ne comporterait qu’une scolarité de deux années » et formerait des ouvriers d’un niveau inférieur, mais « pourvus d’une moderne instruction technique ». En ce qui concerne l’ENP, Mimard indique clairement à quels types de dépenses doit être employé son argent. Tout d’abord, il doit permettre de financer des achats de matériels et de machines, car « une école professionnelle, pour bien remplir son rôle et son office, doit être pourvue des installations et du matériel les plus modernes »; Mimard désire que « les dépenses de l’Etat à ce sujet, qui malheureusement sont toujours trop limitées, soient complétées par les revenus de [son] legs, et que grâce à cela […] l’Ecole professionnelle de Saint-Etienne soit un modèle du genre ». Il souhaite d’autre part que « des indemnités journalières suffisantes et progressives soient données aux élèves, de façon que le plus grand nombre puisse terminer leurs études » ; grâce à ces bourses, les familles modestes pourront laisser leurs enfants terminer leurs études au lieu de les envoyer à l’atelier ou à l’usine en échange d’un salaire immédiat, mais en compromettant ainsi leur avenir. Le troisième poste de dépenses prévu dans le testament concerne l’habillement des élèves : la Ville de Saint-Etienne leur fournira gratuitement « deux vêtements de travail d’un modèle uniforme et pratique ; deux vêtements de ville, noir ou bleu foncé, comprenant un pantalon, un gilet, un veston droit croisé avec boutons en cuivre poli et un manteau capoté, une casquette rigide » ; « cette tenue simple et de bon goût […] sera obligatoire tous les jours de la semaine ». Le but visé ici n’est pas tant d’épargner aux familles de lourdes dépenses d’habillement que de contribuer, par le vêtement, à la bonne éducation des élèves. Il s’inscrit dans le cadre d’un objectif plus global, qui fait l’objet du quatrième souhait exprimé par le testateur pour l’emploi de sa fortune : « la création de certains postes importants [d’enseignants] dont les titulaires seraient rétribués par des prélèvements sur les revenus de mon legs ». Mimard souhaite que l’Ecole puisse recruter des professeurs chargés de l’éducation civique et morale des élèves, qu’il juge «  tout à fait insuffisante ». Le contenu des enseignements généraux et techniques ne l’intéresse pas,  dans la mesure où il fait totalement confiance sur ce point à l’institution scolaire ; « les programmes des Ecoles Professionnelles Nationales prévoient tout ce qui concerne l’instruction des élèves », et cela lui semble suffisant pour garantir la qualité des formations dispensées. Il considère en revanche qu’il est nécessaire d’améliorer l’éducation des élèves, et par conséquent des futurs ouvriers.


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