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Histoire(s) stéphanoise(s)

Un investissement financier modeste

De son engagement sur le terrain, on retiendra par ailleurs la modestie de son investissement financier. De son vivant, Mimard a peu soutenu de ses deniers l’Ecole Pratique d’Industrie/ Ecole Nationale Professionnelle. On ne trouve pas trace de dotation en matériel ou en outillage, pratique pourtant répandue au sein du patronat dans la Loire ou ailleurs. On sait par exemple qu’à sa création en 1893, l’Ecole Pratique d’Industrie de Montbéliard reçoit de la maison Peugeot frères une partie de son outillage7 ; les dons matériels, sous forme de machines, matières premières, ou récompenses offertes aux élèves, sont un des signes de l’intérêt que portent les industriels aux établissements scolaires. Dans le cas de la MFAC, le seul exemple que nous livrent les archives en la matière est sa présence sur la liste des fournisseurs de machines destinées à l’atelier d’armurerie de l’EPI créé en 1895 ; la Chambre de Commerce fait don à l’école de l’outillage nécessaire, mais l’achète elle-même à divers industriels : ainsi « Mrs Mimard et Blachon [fournissent] une machine à fraiser, modèle de leur système… prix 2500 F. ; une machine à mortaiser, d’occasion, remise à neuf, modèle choisi dans leurs ateliers par la commission, prix 900 F. »8. On voit que le sacrifice consenti n’est pas considérable ! Mimard consent cependant certains dons en argent. Il est à l’initiative de la souscription ouverte en 1917 auprès des industriels de la région stéphanoise pour financer les travaux d’agrandissement de l’EPI9. Il contribue pour une somme de 50 000 F., soit environ 10 % du total, loin devant la Société Nouvelle de Construction Mécanique de la Loire (30 000 F.) ou les grands établissements métallurgiques (20 000 F. par exemple pour les Ets Leflaive), et beaucoup d’entreprises qui se contentent d’un versement de 1000 à 5000 F. Mais là encore, il ne semble pas que sa générosité aille au-delà, et prenne la dimension d’un soutien régulier. Alors que dans d’autres régions, les industriels accordent, à titre personnel ou au nom de leur entreprise, des aides aux établissements d’enseignement technique10, et que le patronat stéphanois participe sous diverses formes au financement d’écoles ou de centres de formation11, même avant l’instauration en 1925 de la taxe d’apprentissage, Mimard ne se signale pas par un fort engagement financier au service de la cause de la formation des ouvriers.


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