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Histoire(s) stéphanoise(s)

La Compagnie des Fonderies et Forges de Terrenoire, la Voulte et Bessèges

La seconde visite de Laur est pour la Compagnie des Fonderies et Forges de Terrenoire, la Voulte et Bessèges. La société est issue de la fusion de deux vieilles entreprises du bassin stéphanois : la Compagnie des Mines de fer de Saint-Etienne, inspirée dès 1822 par de Gallois et la Compagnie des Forges de la Loire et de l'Isère, créée par Frérejean en 1819. Avec la forge de Saint-Julien-en-Jarez, elles sont à l'origine de la sidérurgie ligérienne à l'anglaise, basée sur le puddlage de la fonte. Terrenoire pratique la concentration verticale : concession houillère de Janon, mines de fer de Privas, hauts fourneaux au coke de la Voulte, forges de Terrenoire et de Bessèges, dans le Gard. Jusqu'en 1862, on ne produit que du fer et l'aciérie Bessemer installée à cette date à Terrenoire fabrique des rails. La société emploie 5000 ouvriers et produit 40000 t de rails et de fers marchands.

Sous la direction de Jules Euverte, distingué métallurgiste et ancien ingénieur du Creusot, Terrenoire va juxtaposer à partir de 1865 à son activité traditionnelle quelques fabrications spéciales et emprunter des voies hardies. Deux faits méritent d'être notés : Euverte adopte dès 1868 le four Martin-Siemens - en 1878, il y en a deux de 20 t chacun- ce qui permet d'exposer au Champ de Mars une collection complète d'échantillons d'acier au carbone, et surtout développe considérablement les essais chimiques et mécaniques des aciers : si la plupart des sidérurgistes pratiquent les essais de traction et de flexion, Terrenoire leur ajoute les essais à la compression et les essais au choc. De plus on expérimente la trempe, à l'eau et à l'huile, le recuit, le revenu, ainsi que les alliages au chrome et au tungstène. A Terrenoire, le laboratoire tient une place éminente, ce qui classe l'usine parmi les plus innovatrices, comme Imphy ou le Creusot.

Plus contestable est la volonté d'Euverte de substituer l'acier coulé "sans soufflures" (grâce à une addition de silicium et de manganèse) au métal forgé pour les pièces devant supporter des efforts importants. L'entreprise ne s'engage que modestement dans la production de guerre : obus de rupture en fonte dure, puis en acier coulé (1864) acceptés par la marine, essai de canons en acier coulé, qui restent sans lendemain.

Malgré une évidente volonté d'innovation, Terrenoire demeure en 1878 une importante forge à l'anglaise et le plus important producteur de rails Bessemer en France. On en reste là aussi pour l'essentiel, au Second Empire. L'entreprise paiera très cher sa fidélité globale à des recettes industrielles bientôt périmées par le développement de la production lorraine : elle fermera définitivement ses portes en 1887.


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