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A bicyclette (2)

Arrivée de la journée Vélocio au col du Grand-Bois le 27 juillet 1958 (5 Fi 930).

Elise Laplace, institutrice à partir des années 1940 à Saint-Etienne et dans les alentours, raconte son enfance et ses souvenirs liés à la bicyclette.

La pince à vélo dont parle Alain Souchon ne faisait pas partie de l'attirail des cyclotouristes, ces princes du vélo! Souvent nu-tête, ils portaient un blouson, un pantalon de golf ou une jupe-culotte pour les femmes, des chaussures cyclistes à semelle mince, emboîtables dans les cale-pieds, une musette en bandoulière. Leurs vélos, montés sur commande, comportaient des éléments de choix : guidon de course, selle Brooks, pneus mi-recouverts (parfois demi- ballons), cadre en Vitus (acier spécial). Ils avaient une certaine valeur qui pouvait éveiller les convoitises.

Ils ne représentaient pas la majorité des utilisateurs de vélos. Il faut avoir vu la rentrée des usines pour s'en rendre compte. Dans la foule des ouvriers, ils étaient là, cyclistes, en tenue de ville : béret ou casquette, veste, pantalon serré à la cheville par la fameuse pince à vélo - côté droit - pour qu'il ne se coince pas dans le pédalier ou simplement ne soit pas taché par le cambouis de la chaîne. Les femmes n'avaient pas ce souci ; un filet fixé au garde-boue de la roue arrière empêchait leur jupe de se prendre dans les rayons.

Les usines avaient fait construire des hangars pour remiser les vélos. Si les ouvriers étaient aussi nombreux à utiliser le vélo, c'est que les entreprises de transport ne desservaient, ni les quartiers, ni la banlieue, aussi bien qu'aujourd'hui : lignes moins nombreuses, fréquence des véhicules moindre même à la CFVE (Compagnie des chemins de fer à voie étroite), ancêtre de la STAS. Je ne pense pas que les mineurs allaient prendre leur poste de travail à vélo : les cités minières où ils vivaient étaient près des puits.

Le vélo ne servait pas seulement pour se rendre au travail, ou aller au ravitaillement pendant la guerre. Il était indispensable lorsqu'on devait se rendre hors de la ville et que les horaires des cars ne convenaient pas. Pour ma part, institutrice suppléante dans des villages peu ou mal desservis, j'ai souvent fait de longs trajets à vélo pour passer un dimanche chez moi.

Le problème, pour les usagers du vélo, venait des pneus. Même dans les années qui suivirent la guerre, il fallait - si on le pouvait - passer par le marché noir. Seuls moyens d'y échapper, le rafistolage ou le rechappage.

Et, pour terminer, une anecdote :

Emile G., coureur cycliste régional était sponsorisé par une marque régionale. A son entrée dans l'équipe, il avait reçu un superbe vélo de course. Le contrat passé avec le sponsor (mot inconnu alors) précisait que le vélo devait être rendu à la rupture de l'engagement. Pour ne pas avoir à respecter cette clause, Emile décida de se le faire voler!

Il l'abandonnait partout dans les rues de Saint-Etienne... mais quand il revenait, le vélo était toujours là. Alors il le rendit la date butoir venue. Les années 30 étaient des années sûres!

Elise Laplace

Avril 2015

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