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Histoire(s) stéphanoise(s)

Le développement de la ville (1700-1800)

Plan de la place Chavanelle, 1766, terrier de Saint-Priest, MS 2.

Seconde agglomération de la Généralité du Lyonnais, Saint-Étienne souffre du voisinage de Lyon et aussi de Montbrison qui reste la capitale historique du Forez. C'est une petite ville dont l'industrie se développe : extraction de la houille, travail des métaux, tissage de la soie.

Saint-Étienne connaît un accroissement démographique certain au cours des XVIIème et XVIIIème siècles si l'on se reporte aux évaluations de population données par les intendants de Lyon et aux registres paroissiaux.

 

 1697  14.000 habitants environ
 1762        18.000 habitants environ
 1771-1780         27 496 habitants
 1790         28 140 habitants

      

Le noyau principal de l'agglomération reste la colline Sainte-Barbe où se dresse la Grand'Eglise et le "château", siège de la juridiction locale. L'Hôtel de Ville, près de la Grand'Eglise, est fort délabré dès le milieu du XVIIIème siècle ainsi que l'attestent de nombreuses délibérations.

Le lieu le plus animé est la place Grenette sur laquelle se tient le marché aux grains.

A l'ouest, le bourg de Roannel est un quartier d'habitation bourgeoise, avec une rue principale, très commerçante. Au delà se développe le quartier de Montaud constitué par deux rues récemment ouvertes : rue Tarentaize et rue Polignais. C'est le quartier des serruriers et plus généralement des ouvriers du fer.

A l'est, le Pré de la Foire a été agrandi vers 1720 par la couverture du Furan. C'est le quartier où résident les notables de la ville, où s'ouvrent les cafés et la meilleure auberge de la ville.

Sur la place s'élève une grande croix (depuis 1595 et restaurée en 1711) et la seule fontaine de la ville (construite en 1608). Il s'y tient de nombreux marchés. Au delà se développe le quartier d'Outre-Furan.

En effet, c'est la seule direction possible pour l'extension de la ville. Dans la première moitié du XVIIe, le développement urbain est bloqué en particulier au nord, par l'établissement de nombreux couvents (Minimes, Dominicaines de Sainte-Catherine, Capucins, Visitandines, Ursulines).

Ce quartier de la rive droite du Furan est à la fois résidentiel et commerçant. C'est aussi le quartier des armuriers et des graveurs sur armes.

Il abrite le nouvel hôpital (1645) et la Charité (1694). En 1669 on y construit une deuxième église, sous le vocable de Notre-Dame, qui deviendra la deuxième paroisse de la ville en 1754.

C'est encore là qu'est édifié un magasin d'armes pour le Roi qui devient en 1764 la "Manufacture Royale" au bord de la place Chavanelle, où se tenait le marché au bétail et au bois.

L'originalité de Saint-Étienne tient à son activité artisanale très importante. Le charbon qui est extrait est largement utilisé pour les usages domestiques, mais alimente aussi les forges locales, bien que la métallurgie stéphanoise soit bien plus liée à la force motrice de l'eau du Furan et de ses affluents. L'artisanat du fer (quincaillerie ou "clincaille", armurerie) et la rubanerie de soie sont les principales ressources de la ville.

Mais Saint-Étienne, en bordure du Massif Central, est très mal relié au reste de la France. Il faut nécessairement passer par Lyon pour atteindre les pays méditerranéens et par Roanne pour atteindre l'axe ligérien.

Sous l'Ancien Régime, Saint-Étienne dépend largement d'institutions (dont fiscalité-justice) qui lui sont extérieures, installées à Lyon ou à Montbrison : Généralité, Bureau des Finances, lieutenance de Maréchaussée, Sénéchaussée dont le siège fut l'objet d'un long conflit entre Saint-Étienne et Montbrison.

Localement, la ville avait acquis au XVIème siècle une certaine autonomie dans la gestion de ses affaires mais le Seigneur de Saint-Priest ne se contente pas de l'accord intervenu en 1534 et les abus qu'il commet amène la monarchie à intervenir et à réorganiser la municipalité à plusieurs reprises.

De fait, les pouvoirs du "Corps de Ville" sont restreints et l'activité de la municipalité bien limitée si l'on en juge par les registres de délibérations municipales conservés seulement depuis 1766. Les ressources municipales sont faibles : la seule stable est l'octroi, bien insuffisant.


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