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Histoire(s) stéphanoise(s)

Les origines

Lettrine allégorique du terrier Paulat, plus vieux document conservé, 1515, MS 23

La première mention de la paroisse de Saint-Étienne Sanctus Stephanus de Furano, figure dans la "Pancharte du droit de cire et d'encens dû à l'église de Lyon", document du XIème siècle, seulement connu par une copie du XVIème siècle. Le premier acte authentique faisant allusion à l'existence d'une église dédiée à Saint-Étienne ecclesia Santi Stephani Affurans est le pouillé (état des bénéfices) du diocèse de Lyon dressé en 1225.

La paroisse est expressément mentionnée dans une charte de 1258 conservée aux Archives départementales de la Loire. Par cet acte, Jean de Saint-Paul-en-Jarez vend au prieur de Saint-Rambert la viguerie qu'il possède dans diverses paroisses dont celle de Saint-Étienne Sancti Stephani de Furans.

Les origines de la ville restent obscures. L'église de Saint-Étienne fut probablement fondée au Xème ou XIème siècle dans un village appelé Furan du même nom que la rivière auprès de laquelle il était établi.

Aux XIIIème et XIVème siècles, Saint-Étienne n'était qu'un village bâti au pied d'une éminence appelée aujourd'hui montagne ou colline Sainte-Barbe, le long du Furan. On pouvait y voir une église construite vraisemblablement à l'emplacement actuel de la "Grand'Eglise", un hôpital, un château ou maison forte servant de "résidence secondaire" aux seigneurs de Saint-Priest, vassaux du comte de Forez.

Au XVème siècle, cette petite bourgade connaît un certain essor. Le 28 décembre 1410, la communauté des habitants de Saint-Étienne achète un vaste terrain s'étendant entre le village et le Furan : le Pré de la Foire (aujourd'hui place du Peuple) pour y tenir marchés et foires, pour servir aux réjouissances publiques et pour entreposer bois et matériaux de construction. Vers 1436-1440, la ville, pour se protéger des Écorcheurs, s'entoure de murailles, percées de deux portes : la porte de Furan à l'est et la porte de Roannelle à l'ouest. Dans le dernier tiers du XVème siècle, Saint-Étienne qui était restée jusqu'alors à l'écart de grands itinéraires médiévaux sort de son isolement. Les routes de Lyon au Puy, de Saint-Chamond à Saint-Rambert passent désormais par Saint-Étienne.

Vers 1460, la ville est constituée pour l'essentiel par le bourg, enfermé à l'intérieur de l'enceinte bâtie quelque vingt ans plus tôt. Ce bourg s'articule autour de deux rues parallèles, grossièrement orientées d'ouest en est :

  • la Grande rue publique (aujourd'hui rue de la Ville)
  • la rue du Marché (aujourd'hui rue Grenette) qui abrite le quartier marchand

Hors de l'enceinte fortifiée, deux secteurs portent quelques constructions. A l'est, le Pré de la Foire, peu construit ; à l'ouest, un faubourg s'esquisse sur le côté nord de la rue Roannel (aujourd'hui avenue du Président Emile Loubet).

Au cours du XVIème siècle, les quartiers extérieurs au bourg ont tendance à se développer. Le Furan est largement franchi : le faubourg d'Outrefuran à l'est se construit (actuellement quartier Saint-Jacques). Vers 1580, les faubourgs comptent plus d'habitants que le bourg lui-même ainsi qu'on peut le constater par le tableau suivant :

 

DATE

 

POPULATION

% de la population vivant dans l'enceinte

 

% de la population vivant hors les murs

 

exprimée en nombre de feux (1)

 

Faubourg Est

Outrefuran

Faubourg Ouest

Roanel

1460 (Terrier Vitalis)

300

90,00 %

3,33 %

6,66 %

1515 (Terrier Paulat)

589

49,06 %

32,42 %

18,50 %

1580 (Terrier Cellion)

880

29,65 %

27,50 %

42,84 %



(1) Le feu est le ménage composé en principe du père, de la mère et de leurs enfants vivants auxquels peuvent s'ajouter d'autres personnes : aïeuls, frères et soeurs, apprentis, etc.
Il est difficile d'évaluer le nombre de personnes qu'il peut représenter, car la composition du feu varie selon les lieux, les époques, les milieux sociaux. Si on tient absolument à avoir une idée du chiffre de la population de Saint-Étienne, on peut multiplier le nombre de feux par trois ou quatre qui semble être un coefficient moyen en France.

Cet essor de Saint-Étienne est dû à l'apparition et au développement d'activités économiques nouvelles qui tendent à prendre la place des activités traditionnelles qui étaient celles de la bourgade jusqu'au XVIème siècle (moulins à farine, moulins à foulonner les draps, tanneries, carrières de grès pour la construction). Ces nouveaux secteurs de l'économie sont essentiellement la rubanerie, pour la construction, la fabrication des armes, l'extraction du charbon, mais toujours liés à l'utilisation du Furan comme force motrice.

Avec cet essor économique, les habitants de Saint-Étienne prennent conscience qu'ils forment une communauté et disputent à leur seigneur, seigneur de Saint-Priest, le droit de s'administrer à l'image d'autres localités du Forez.

Les Stéphanois ont sans doute obtenu le droit de désigner des représentants ou consuls pour s'occuper de leurs affaires communes, quelque temps avant la transaction du 17 décembre 1534 avec leur seigneur. Ils obtiennent de désigner chaque année des consuls chargés de la garde de la cité et de la police des marchés et de la ville. Le seigneur conserve l'exercice de ses prérogatives de police et de justice mais doit établir des officiers en ville.

Cette transaction donne aux Stéphanois une certaine maîtrise dans la "politique de la ville" mais elle ne leur a pas conféré l'autonomie. Par cet acte, le seigneur reconnait cependant de jure l'existence d'une ville dans son domaine.

Il est fait mention en 1582 d'une Maison de Ville, sans doute de construction récente, édifiée près de l'emplacement où, avant 1513, se dressait le vieil hôpital, près de la Grand'Eglise.


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