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Histoire(s) stéphanoise(s)

Conclusion

Nous pouvons prétendre, à la suite de notre exposé, que créer un musée pour rester dans l’actualité médiatique ne permet pas au club de revenir dans l’actualité sportive. Tout au plus, il entretient la patience des supporters, il est un espoir, une perspective en attendant des jours meilleurs. Il n’est donc qu’un moyen de différer, de conserver. Si l’actualité médiatique est une façon de mettre en lumière, dans le présent, les gloires du passé, l’actualité sportive n’est, en attendant, qu’un rêve que le musée peut contribuer à entretenir. De plus, ce dernier est sans nul doute un média particulier dont l’une des fonctions est de chapeauter, au moins partiellement, une démarche culturelle distinctive et un usage considéré comme vulgaire : le « supporterisme » érigé, pour le coup, en art de vivre. De plus, l’écart entre le réel et le symbolique, entre les résultats du présent et ceux espérés permet au musée de s’immiscer dans la brèche en donnant à voir une perspective, un hypothétique avenir au club. Dès lors, une alternative se fait jour : soit l’A.S.S.E. obtient des résultats sportifs, le musée conforte ceux-ci et les dix critères édictés au début de notre développement sont remplis. Soit l’équipe obtient des performances médiocres ou moyennes et le musée permet, au mieux, d’entretenir la patience des « fans »(32).

Des résultats sportifs même sporadiques, accompagnés d’une transmission intergénérationnelle de la ferveur par l’oralité, permettent au mythe stéphanois de se réactiver. Au contraire, avec la disparition des témoins de « l’épopée verte », l’absence de résultats sportifs et l’unique présence des « héritiers de la deuxième ou de la troisième génération de la fièvre verte », le mythe s’écroule et ne demeure que la légende. À croire que celle-ci s’incarne dans la subjectivité, alors que celui-là se constitue structurellement (performances, musée, stade… bâti). La première est humaine, alors que le second est matériel et circonstancié. Si les témoins de « l’épopée » meurent, l’alimentation de la mobilisation, donc la médiatisation du club, passe par des parenthèses sportives (aussi éphémères soient-elles) et par une transmission parfaite de l’oralité intergénérationnelle.

Concernant les perspectives de recherche, une étude de type sémiologique devient incontournable, tant l’iconographie, les photos et les articles de presse abondent. Si le cliché sportif semble le plus représenté, viennent ensuite les photos officielles avec les sponsors, les agapes, les photos de « couloirs », de « coulisses » et celles représentant d’autres sports que le football. L’iconographie pourrait être approchée(33) à travers la mesure de sa présence dans la presse française : choisir soit un journal, soit une période particulière, soit un journaliste d’abord indépendant, puis « adoubé » par le club(34) et repérer les invariances et les ruptures.

Toutefois, la question principale (d’ailleurs posée au cours de notre communication) concerne la scénographie : « Alors ce musée, va-t-il voir le jour ? » Il est bien inscrit dans les projets de réfection du stade ou/et dans celui de la construction d’une nouvelle enceinte. Le problème, c’est que Geoffroy Guichard est la propriété de « Saint-Étienne-Métropole » et que les municipalités composant la communauté d’agglomération sont lourdement endettées, en particulier la première d’entre elles (Saint-Étienne) qui l’est encore plus douloureusement… à moins que le groupe « Bouygues-Vivendi » ne vienne combler les manques ? Mais, à ce jour, une étape intermédiaire paraît plus réaliste : la constitution d’un musée virtuel sur Internet, ce qui questionne l’historien quant à la méthodologie choisie pour aborder ce nouveau corpus…


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