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L’origine du projet et les conditions d’une mise en patrimoine

Le projet puise sa source auprès des acteurs et de leurs institutions. Des collectionneurs privés passionnés, comme Alex Mahinc ou Jean Vieillard, voient dans la création du musée un moyen de valorisation symbolique ou/et financière de leur travail de recueil de données, sorte de récompense pour leur investissement affectif. Les salariés de l’A.S.S.E., et notamment le Directeur de la Communication, Eric Fages, dès le milieu des années quatre-vingt-dix, réactivent l’idée. Plus tardivement, en 2006, les responsables des Archives Municipales de Saint-Étienne, puis les historiens de l’Université Jean Monnet leur emboîtent le pas. Mais toutes ces personnes sont partiellement guidées dans leur démarche par les événements. Ainsi, la mise en patrimoine apparaît comme un rempart contrecarrant des résultats sportifs décevants et un « turn-over » perpétuel : aller-retour entre Ligue 1 et Ligue 2, succession de Présidents, changements de l’encadrement sportif, roulement de l’effectif joueurs. Bref, la volonté de stabiliser le club démontre que volontarisme et déterminisme forment le maillage d’une telle entreprise. La liberté des acteurs s’entrechoque avec les circonstances objectives pour dessiner les contours de la mise en projet muséale.

Une fois le comité de pilotage constitué par le croisement des acteurs de ce réseau, apparaît très rapidement la volonté, notamment des A.M.S.E., de poser les conditions préalables à la réalisation concrète de cette « patrimonialisation ». Ainsi, au regard du corpus existant et des réalisations de musées à caractère sportif, en particulier de ceux qui conservent la mémoire des grands clubs européens, dix exigences semblent incontournables :

  • la dimension mythique, exemplaire, légendaire, non reproductible, mais modélisable et adaptable d’une histoire ;
  • la puissance objective de la chose « patrimonialisable » ;
  • la surface socialement occupée par le phénomène mis en scénographie ;
  • l’existence de fonds baptismaux (le stade) et archivistiques (les murs du musée) objectivant et « tangibilisant » le phénomène ;
  • l’intérêt scientifique de ce dernier (problématique, évolution, innovations, continuités, ruptures et saisie de la coulisse) ;
  • l’impact économique du fait muséal ;
  • le niveau des performances sportives du club concerné ;
  • le caractère unique et rare de la chose exposée ;
  • la possibilité de conserver, de « sédentariser », tout autant que de « nomadiser » le fonds patrimonial détenu par les A.M.S.E. ;
  • la création d’une scénographie compréhensive, attractive et interactive(13).

Au regard de ces exigences, la création du musée de l’A.S.S.E. paraît envisageable, compte tenu que bon nombre de critères sont remplis par notre « objet »(14). Pour n’en développer que quelques-uns, on constate, par exemple, que le dépôt a déjà été plusieurs fois « nomadisé », suite à l’exposition lors des Journées Européennes du Patrimoine en 2006. Pour ce qui est du caractère rare et inédit, il n’existe pas d’autres musées de club de football en France. L’A.S.S.E. est attachée au fait que celui-ci soit le premier, raison pour laquelle la discrétion des membres du comité de pilotage a été exigée. Pour ce qui est de la scénographie, la possession de nombreux documents vidéo et le caractère, par essence, ludique du football s’accommodent très bien de la volonté de créer de l’interactivité entre la « chose patrimonialisée » et les visiteurs. Enfin, l’intérêt économique du fait muséal n’est pas contestable : la sortie du musée déboucherait sur l’entrée de la « Boutique des Verts » où se vendent les produits dérivés du club. Le seul problème qui subsiste est celui du manque de résultats sportifs, autrement dit de « l’entretien compétitif de la ferveur ». Mais, c’est justement de cette condition qu’est venue l’idée du projet en lui-même. Pour tout dire, elle en est même devenue la problématique centrale. Au final, l’A.S.S.E. ne remplit donc pas toutes les conditions, mais elle s’en approche dans la plupart des cas, de fort près. Le travail qui consiste à inventorier et à classer le fonds peut donc démarrer.


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