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Les derbys confortent la hiérarchie socio-professionnelle et encouragent la violence (1990-2009)

  • Le Terrain : Au début des années 90, les scores sont étriqués. Un supporter stéphanois me déclarait : « Les derbys sont des matches où il y a peu de buts… et beaucoup de bagarres ». Les résultas ne sont reluisants, ni pour l’un ni pour l’autre, mais la rivalité s’attise d’autant plus que le but vaut cher et qu’aucun des 2 clubs ne joue un rôle intéressant au plan national et européen. Le derby devient dès lors pour les 2 clubs LE MATCH… faute de mieux. Entre 1996 et 1999 et entre 2001 et 2003, l’ASSE joue en Ligue 2. C’est à ce moment que l’OL imprime sa griffe sur le football national avec 7 titres consécutifs de champion de France et les derbys tournent régulièrement à son avantage.
  • Le « Nous contre Eux » : La logique de la départementalisation est forte et les plaisanteries s’affichent : « 42 v’la les bleus » ou encore « le 69 une position… pas un sport ». Du 69 au 42, on plonge d’un monde à l’autre, notamment au niveau socioprofessionnel. La presse locale au travers du « Progrès » à Lyon et de « La Tribune-Le Progrès » à Saint-Étienne aiguise la partisanerie autour du « Nous contre Eux ». La rhétorique discursive autour de stéréotypes éculés bat son plein : Lyon la bourgeoise, la métropole nationale, le gone, l‘avenir, la prétention européenne, le club commercial, le public jeune volatile et froid contre Saint-Étienne la prolétaire, le chef lieu de la Loire, le gaga, la nostalgie de l’âge d’or, l’ambition locale, le club familial, la fidélité du public connaisseur et chaud. La presse fait un décompte des jours, mais paradoxalement les récits d’après match ne survivent que jusqu’au surlendemain tout au plus, comme si la dimension socioculturelle et socio professionnelle l’emportait largement sur la dimension sportive. Chez les supporters, le derby se prépare à l’avance, les équipes qui battent le voisin sont acclamées. La rivalité socioculturelle est à son paroxysme et des incidents sérieux se produisent tant à Gerland, à Geoffroy Guichard, qu’à la périphérie des 2 enceintes.

Si les incidents perdurent aujourd’hui, ils sont de portée moindre, car la surveillance policière est particulièrement renforcée. L’OL d‘aujourd’hui, comme l’ASSE durant les années 70, ne fait pas du derby LE MATCH. D’une certaine manière l’OL a des visées européennes, alors que l’ASSE tente de défendre ses lauriers d’antan. Mais là encore, c’est bien de professionnalisation dont il s’agit. L’OL est devenu un club moderne géré par des professionnels de la communication, alors que l’ASSE s’arc-boute sur son passé sans  pouvoir entrer dans l’ère du « foot business ». La formation, tout comme la gestion professionnelle, est passée de Saint-Étienne à Lyon.


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