Accueil > Histoire(s) stéphanoise(s) > Tranches d'histoire > Histoire sociale > Mai 68 à Saint-Étienne > La reprise du travail et les acquis

Histoire(s) stéphanoise(s)

La reprise du travail et les acquis

Dès le 31 mai, des négociations s'engagent dans chaque entreprise et au fur et à mesure que des accords plus avantageux que ceux de Grenelle sont acquis, la grève s'arrête. Dans les premiers jours de juin deux secteurs seulement restent en lutte : l'enseignement et la métallurgie.

A la SNCF, l'accord s'établit dans la nuit du 4 au 5 juin sur une augmentation moyenne des salaires de 13 % et une réduction de la durée hebdomadaire du travail à 44 h 30 (contre 46 h) pour l'essentiel.

Chez Manufrance les négociations durent 25 heures et débouchent sur un salaire minimum fixé à 600 F (soit 80 à 90 F d'augmentation pour les bureaux et les magasins), le paiement de la moitié des journées de grève sans récupération et des deux jours fériés de l'Ascension et de la Pentecôte. Le travail reprend le 6 juin.

En revanche le conflit perdure chez les métallos. A la CAFL, ils votent, à mains levées, la grève à l'unanimité le 4 juin. Entrés les premiers dans l'action, ils tiennent à en sortir la tête haute. Une grande manifestation unitaire est organisée le 6 juin devant le siège de l'ASMPL (Association des Syndicats Métallurgiques Patronaux de la Loire) : 10 000 métallos sont boulevard Karl Marx. A l'issue d'une dure négociation, les syndicalistes arrachent un protocole très avantageux : augmentations des salaires (19,23 % pour le manoeuvre, 11,66 % pour le P3, 17,7 % pour l'OS3), 5ème semaine de congés payés pour les jeunes de moins de 20 ans, paiement des journées de grève, réduction du temps de travail, abaissement de l'âge de la retraite, garantie de l'emploi, extension des libertés syndicales. Le compromis, approuvé par tous les membres de l'ASMPL, est soumis aux métallurgistes dans chaque entreprise. Discuté en assemblée générale, il est l'occasion d'échanges directs entre le patron et les salariés qui se sentent enfin reconnus et écoutés. Le 14 juin, tous les métallos ont repris le travail.

A Saint-Etienne, les derniers conflits s'arrêtent chez Bennes Marrel le 17 juin et chez Peugeot le 20 juin. Le 26 juin, le mouvement est terminé dans le département.


Espace personnel

© Archives municipales de la ville de Saint-Étienne
Plan du site - Contact - Accessibilité - Crédits

Saint-Etienne ville UNESCO de design Contact