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Histoire(s) stéphanoise(s)

Monument à la mémoire des Manuchards

Commémoration du 11 Novembre, devant le monument aux morts de la Manufacture d'armes de Saint-Étienne (1952).

Emplacement 

Cité du design, rue Bergson.

Notice historique 

Dans la place d'honneur de la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne, face au portail monumental qui ferme la cour d'honneur, s'élève un petit monument, en mémoire des membres de l'entreprise morts du fait de la répression nazie.

Il est un des premiers mis en place - peu de temps après la Libération - et présente plusieurs caractéristiques intéressantes.

D'abord son financement par une souscription originale, ainsi que l'annonce Le Patriote de Saint-Étienne du vendredi 18 juillet 1947 : "Les Manuchards ont fait une heure supplémentaire pour honorer les leurs, morts dans la Résistance".

Désirant perpétuer le souvenir de 40 de leurs camarades qui sont tombés pour que vive la France et sur l'initiative de la section FFI-FTPF, tous les personnels de la Manufacture ont accepté avec empressement d'effectuer une heure supplémentaire dont le montant est destiné à financer l'érection d'un monument commémoratif.

Un Comité a été constitué, groupant les représentants de toutes les organisations syndicales, sociales et combattantes de l'établissement.

Le monument sera érigé à la place d'honneur qui lui revient, au centre de la place de la Manufacture aménagée à cet effet.

Les noms seront gravés, dans le granit, ainsi que ceux de nos camarades, combattants 39-45, morts au champ d'honneur."

À la fin du mois de juillet 1947, le sculpteur stéphanois Salque, présente la maquette du projet qui est finalement adopté : "Une arche de pont brisé et des voies de chemin de fer. Encastré dedans, un médaillon figurera un maquisard, mitraillette au poing, tombant sous les balles ennemies."

Deuxième caractéristique, la présentation des victimes selon les circonstances de leur décès : morts aux combats, fusillés morts en déportation.

Le classement par ordre alphabétique dans chacune des catégories a fait figurer en tête de liste un ouvrier d'origine nord africaine : Ahmed Bencheihk.

Il faut enfin remarquer que la liste des victimes indique l'appartenance aux unités combattantes régulières (RI, FFL...) ou résistantes (FTPF, AS...)

La liste des victimes 

Tués au combat
BENCHEIHK Ahmed (FFL)

BONNEVILLE Roger (AS)

BOUTEYRE André (GA)

CHAPUIS Albert (86° RI)

CHAVAGNEUX Jean (FTPF)

COSTET René (AS)

FOURNIER André (99° RI)

GUICHARD Jacques (AS)

ISSARTEL Adolphe (FFI)

LAFONT André (FTPF)

PRADON Étienne (FTPF)

MOREL Louis (12° RA)

MOURIER Joannès (151° RI)

PICQ Maurice (FTPF)

PRADON Étienne (FTPF)

REY Lucien (FTPF)

SABOT Antoine (FTPF)

TALLARON Pierre (1° RTM)

VACHER Louis (97° RIA)

BENTO Antoine (151° RI)

Fusillés

BÉAL Aîmé (FTPF)

BLANCHARD Victor (FTPF)

DOSJOUB Louis (FTPF)

GARCIER José (FTPF)

RAMIER Barthélémy (FTPF)

ROCHEDIX Jean (FTPF)

RODET Alfred (AS)
VIAL Hippolyte (FTPF)

Morts en déportation

ABT Pierre (FTPF)

BACOU Joseph (FTPF)

BAROU Rémy (FTPF)

GAUD Marcel (FTPF)

LAGNIE Paul (AS)

LAURENT Pierre (FTPF)

MOTTAZ Isidore (FTPF)

POURRAT Henri (FTPF)

RIVOLLIER Philibert (FTPF)

ROCHE Louis (FTPF)

SULPICE Pierre (FTPF)

TAVERNIER Henri (FTPF)

TEYSSIER Jacques (FTPF)

VINSON Anthelme (FTPF)

 

Jean-Michel Steiner

A consulter aux Archives municipales 

Ouvrages :

BOUILLON (Jacques), PETZOLD (Michel), Mémoire figée, Mémoire vivante, les monuments aux morts, Charenton-le-Pont, 1999, 160 p. (6 C 200 1298).

GARDES (Gilbert), Le monument public français, l'exemple de Lyon, Paris, 1986, 7 volumes (6 C 100 1112-1118).

LUIRARD (Monique), La France et ses morts, les monuments commémoratifs dans la Loire, Saint-Etienne, 1977, 165 p. (6 C 101 184).

Mémorial de la Résistance Loire, Boën-sur-Lignon, 1992, 144 p. (6 C 200 619).

Documents d'archives :

DP 87 Dossier de presse.

12 C 201 2 Cérémonie du souvenir, in Le Résistant de la Loire, n°149, 2005, p. 23.

12 C 201 2 Emotion à propos du monument de la MAS, in Le Résistant de la Loire, n°154, 2007, p. 6.

12 C 201 2 Le jardin Michel Olagnier inauguré à Saint-Étienne, in Le Résistant de la Loire, n°155, 2008, p. 12.

Photographie :

5 Fi 1122 Commémoration du 11 Novembre, devant le monument aux morts de la Manufacture d'armes de Saint-Étienne (1952).

 

 

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Repères chronologiques 

Novembre 1942 : Saint-Étienne est occupée, la manufacture d'armes stéphanoise doit travailler pour l'armée allemande.

1947 : Les employés de l'usine travaillent une heure de plus pour payer le monument.

Fin juillet 1947 : Présentation de la maquette par son sculpteur.

2005 : Recensement du patrimoine immeuble en France, le monument des "manuchards" est inventorié afin d'être inscrit à la liste des monuments historiques.

20 mars 2006 : Arrêté préfectoral inscrivant officiellement le monument aux morts à la liste des monuments historiques.

7 janvier 2008 : Déplacement du monument, la plaque où figure les noms est brisée.

7 mai 2008 : Inauguration du square Michel Olagnier dans lequel le monument est installé.


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