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Histoire(s) stéphanoise(s)

Visite du Conservatoire Massenet avec Florence Badol-Bertrand

Vue du conservatoire national de musique, photographie R. Paul, 39 Fi 436.

Une rue-brique musicale de Camille Favier.

Camille Favier, étudiante en musicologie à l'Université Jean-Monnet de Saint-Étienne, a mené une recherche sur l'histoire musicale du quartier Saint-Roch dans le cadre de son master I. Cet article, écrit suite à l'aparthé "mémoires et ambiances" organisé par Coop/ Roch le 17 juin 2017, restitue la rencontre avec Florence Badol-Bertrand lors de la visite du Conservatoire Massenet. 

 

Florence Badol-Bertrand, professeure d'histoire de la musique au Conservatoire Massenet, retrace, pour notre plus grand plaisir, l'histoire de ce bâtiment et de ses occupants. Elle nous éclaire tout d'abord sur l'étymologie du mot "conservatoire" : "On l'écrit avec un S (comme conserver) et non avec un C (comme concert), parce que le conservatoire de Paris, créé pendant la Révolution, avait pour but de conserver la pratique musicale française". En découle par la suite le besoin de former des musiciens français pour ne plus recourir aux musiciens allemands : "La France avait besoin de clarinettes et de cors pour jouer sur le Champ-de-Mars et faire chanter les Parisiens lors des fêtes révolutionnaires". À partir de 1820, des succursales du conservatoire de Paris voient le jour en province.

Installé dans un ancien couvent, situé 32 rue des Francs-Maçons, le conservatoire Massenet est créé au début du XXe siècle. Avant sa création, les enseignements musicaux étaient dispensés par des professeurs bénévoles et non qualifiés, dans des greniers du 8 place de l'Hôtel-de-Ville. Véritable invitation à l'évasion, le conservatoire est pourvu d'une réputation qui s'étend bien au-delà des limites du Furan. Son nom est un hommage au compositeur stéphanois Jules Massenet, né en 1842 et décédé en 1912.

Le statut d'École nationale de musique lui est décerné par André Gédalge, inspecteur d'enseignement musical, qui donna temporairement son nom à la salle de concert du conservatoire. Cette salle porte aujourd'hui le nom de l'organiste Pierre Cochereau sur l'initiative du directeur Jean Dekyndt. Ce dernier est à l'origine de la création de plusieurs classes, dont la classe d'orgue, mais aussi celle d'accordéon, avec la participation de Bernard Albaynac, dont le père avait fondé l'école d'accordéon dans le quartier Saint-Roch. Les classes de vents sont importantes au conservatoire Massenet et perpétuent "une belle tradition", un héritage transmis par les harmonies de mineurs qui existaient à Saint-Étienne.

Aujourd'hui labellisé Conservatoire à rayonnement régional (CRR), il est ouvert à tous les habitants de la région qui souhaitent apprendre à jouer d'un instrument, chanter, danser, s'initier à l'art dramatique, enrichir leur culture musicale et leur technique d'analyse musicale, apprendre à composer. Mais on y trouve également divers ensembles accueillants qui peuvent être rejoints en fonction de sa pratique instrumentale - orchestre symphonique, big-bang, ensembles de cuivres, chorales... Il prépare également les élèves à leur future vie de musicien professionnel si tel est leur désir. Un grand nombre d'entre eux rencontre du succès en France et en Europe. Ce "cocorico vert" fait la fierté des professeurs, qui constatent par ailleurs le retour d'anciens élèves désirant désormais enseigner au conservatoire Massenet.

Mais ce n'est pas le seul atout du conservatoire, qui comprend aussi une médiathèque regorgeant de partitions, CD, 33 tours collectors et de dons du conservatoire de Paris. Les archives présentes dans ces lieux font régulièrement l'objet de recherches universitaires. C'est le cas actuellement du catalogue de partitions du compositeur stéphanois Gaston Rumeau : "Élève détecté comme brillant, Gaston Rumeau a été poussé par Edmond Maurat à participer au concours d'entrée de la classe de composition du conservatoire de Paris. [...] Directeur du conservatoire de 1910 à 1941, Edmond Maurat était lui-même compositeur et a écrit ses mémoires. [...] Ce joli texte nous renseigne sur la vie stéphanoise dans l'Entre-deux-guerres." Il a encouragé Gaston Rumeau tout au long de sa carrière et a même complété ses œuvres inachevées après sa mort survenue en 1926. En 2019, divers évènements célèbreront la mémoire de Gaston Rumeau, par le biais de concerts et autres manifestations ouvertes au public.

Le conservatoire est un endroit chargé d'histoires et fait la fierté de tous les Stéphanois. En période scolaire, le public peut assister aux travaux des élèves et des professeurs lors des auditions.

 

Retrouvez ici des repères chronologiques et sources disponibles aux archives municipales sur le Conservatoire Massenet.

Vue actuelle, juin 2017, crédit Coop/Roch. Visite avec Florence Badol, juin 2017, crédit Coop/Roch. Cours dans les locaux du conservatoire, photographie R. Paul, 39 FI 442. Salle de concert Pierre Cochereau, juin 2017, crédit Coop/Roch.

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