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Histoire(s) stéphanoise(s)

Faire l'histoire des migrations : principes et enjeux

En 2015 et 2016, les archives municipales ont mené un projet intitulé Saint-Étienne cosmopolitaine, des migrations dans la ville et présenté un projet du même nom. Cette exposition reposait sur le principe que cette histoire des migrations s'écrit à trois voix : les archives, les chercheurs et les habitants.

La question des sources

Archives publiques

Elles constituent la source essentielle et première. Recensements de population, fiches de police, rapports du préfet, subventions aux associations, etc. Mais elles traduisent une relation administrative le plus souvent sous l'angle de la surveillance. Ainsi, un décret du 2 octobre 1888 donne l'obligation pour tout étranger de se déclarer en mairie, engendrant la production des fichiers de police.

Les recensements sont parfois lacunaires, le nombre d'étrangers n'étant pas toujours recensé. Par ailleurs, les chiffres peuvent porter à caution : minoration des chiffres, certaines communautés sont tantôt étrangères, tantôt françaises (Marocains).
Ces mêmes recensements, réalisés tous les 5 ans, proposent une photographie à un instant mais sans prendre en compte les fluctuations ni même les parcours individuels. Ainsi, on peut déterminer le solde migratoire brut mais plus difficilement les chiffres précis des départs et arrivées.

Quelle place pour les témoignages et archives privées ?

De fait, les archives publiques ne peuvent se suffirent à elles-mêmes et doivent être complétées et croisées par les archives privées. Les archives privées, et notamment les témoignages, éclairent sur le vécu et les détails des parcours individuels, tout en apportant une dimension sensible forte. Pour autant, la mémoire étant nécessairement partielle et partiale, il faut l'utiliser avec prudence. Tout témoin peut se tromper sur des faits, les oublier ou même en inventer.

Nous avons ainsi collecté des témoignages oraux, écrits ou des recueuils de mémoires réalisés par des associations. Tout en servant l'exposition, ces traces entrent dans les fonds d'archives et donc dans la sphère patrimoniale.

 

Saint-Étienne cosmopolitaine : un projet patrimonial ?

Patrimonialisation

En effet, depuis les années 90, et notamment la mise en place des politiques de la ville de rénovation urbaine, la question des mémoires des migrations occupe une place importante. Elle a d'ailleurs abouti à la création du Musée national de l'histoire de l'immigration. Cette histoire entre dans une phase de patrimonialisation, considérant cette histoire comme un patrimoine national.

Enjeu : raconter sans juger

S'agissant du projet stéphanois, né en 2014, il s'agissait de raconter une histoire, l'histoire du peuplement de Saint-Étienne. Raconter sans juger, comme tout historien, se bornant aux faits, aux archives et aux témoignages en gardant comme axe une démarche scientifique et non militante.

Un projet citoyen et politique

Mais écrire l'histoire des migrations n'est pas aussi simple que Saint-Étienne en cartes postales... C'est une démarche citoyenne permettant de mieux comprendre la ville d'aujourd'hui par son histoire, mais c'est également une démarche politique, au sens premier du terme, facilitant un peu le vivre avec.

La dimension politique a enfin pesé dans un contexte particulier avec la crise des migrants à l'été 2015. Bien que préparée de longue date, l'exposition présentée à partir de septembre 2015 a eu une résonnance tout particulière.

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