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Sainté et le Tour, 1950-1959 : les héros sont là

Le public à l'arrivée au stade Geoffroy Guichard le 24 juillet 1953 (5 Fi 1530).

Géminiani dit le " Grand fusil " pour une première ! 

Jeudi 3 août 1950

19ème étape : Briançon-Saint-Etienne (291 kilomètres)

Après 46 ans d'absence, le Tour de France fait étape à Saint-Etienne. C'est le Clermontois Raphaël Géminiani qui franchit victorieusement la ligne d'arrivée sur le cours Fauriel. 8h 49'11'' lui ont été nécessaires pour vaincre les terribles difficultés d'un parcours de 291 km reliant la citadelle de Briançon à la capitale du cycle en passant par le col du Lautaret (2058 m), la côte de Saint-Nizier-de-Moucherotte et le col du Grand-Bois, appelé aussi col de la République.

C'est justement peu avant la côte de Saint-Nizier, qui permet de gagner le Vercors, que Louison Bobet passe à l'offensive, bien décidé à faire craquer le maillot jaune, le Suisse Ferdi Kubler. Mais l'écart ne grandit pas : 1' seulement à Bourg-Argental avant d'escalader le Pilat par le col du Grand-Bois. Bobet est rejoint puis dépassé par son rival suisse, accompagné de Géminiani, Meunier, Kirchen, Piot, Verschueren, Impanis et Ockers.

A la Versanne, Géminiani contre attaque et lâche ses poursuivants. Ils ne le reverront plus. Quant à Bobet, il accusera un débours de 5'22'' à l'arrivée. Son rêve de victoire (victoire d'étape et finale) s'est envolé. Qu'importe ! Cette défaite marque plus les esprits que sa victoire à Briançon le jour précédent. Bobet ne le sait pas encore mais il vient d'entrer dans la légende et il lui reste à en écrire les plus belles pages !
Vainqueur final du Tour de France : Ferdi Kubler

La revanche de Louison Bobet 

Vendredi 24 juillet 1953

20ème étape : Lyon-Saint-Etienne, (70 kilomètres c.l.m.)

Le parcours de ce contre-la-montre propose " une succession de montagnes russes sur des routes étroites et sinueuses " dans les Monts du Lyonnais, à l'est de Saint-Etienne. Il est très difficile et seul un homme fort peut s'y imposer.

Bobet qui a reconnu le parcours en juin lors du championnat de France à Saint-Etienne l'emporte en 1h 49', laissant Wim Van Est à 1'45'' et Fritz Schaer à 2'47''.

" J'ai eu, pendant les 5 premiers kilomètres, l'impression que je rampais littéralement et que j'allais faire une bien mauvaise étape. Je n'y comprenais rien, j'étouffais et j'ai dû prendre sur moi-même pour retrouver mon calme. Je me suis efforcé de trouver un rythme régulier puis peu à peu ma confiance est revenue. Lorsque j'ai été remis, j'ai su que j'étais en avance. Je n'ai plus senti les pédales... Surtout lorsque j'ai enfin vu Close devant moi ".

La foule, toujours plus dense, au fur et à mesure que l'on approche du stade Geoffroy Guichard plein à craquer, est en liesse. Pas surprenant ! La plupart des entreprises stéphanoises ont accordé un jour de congé à leurs salariés.

Après sa cruelle désillusion dans l'ascension du col du Grand-Bois, dans l'étape Briançon-Saint-Etienne de 1950, Bobet tient sa revanche qui est aussi celle d'un public qui lui est entièrement acquis.

Vainqueur final du Tour de France : Louison Bobet

Ockers dit " La puce de Bogerhout " domine les grimpeurs dans le Pilat 

Mercredi 25 juillet 1956

19ème étape : Grenoble-Saint-Etienne (173 kilomètres)

Gagner la capitale du cycle n'est pas chose aisée ! C'est particulièrement vrai quand on arrive par la vallée du Rhône. On aperçoit par temps clair le relais de télévision de l'Oeillon au pied duquel passe le col du même nom : 19 km d'ascension à 6 % de pente moyenne.
C'est par là justement qu'arrivent les coureurs du Tour sous une chaleur accablante. Roger Walkowiak est maillot jaune mais il peut encore tout perdre dans les terribles pentes de l'Oeillon, escaladé pour la 1ère fois, d'autant qu'il faudra aussitôt enchaîner avec le col de la République.

Pélussin, 12 km du sommet, tous les grimpeurs patentés sont là : Bahamontès, Gaul, Ockers, Huot, Bauvin, Adriaenssens. " Walko " est aussi dans ce peloton de tête. Il chute ! Le temps de se remettre en selle, 40'' se sont écoulées. Ses rivaux en ont profité pour se faire la belle.
Aidé par ses coéquipiers, il aurait pu revenir sur l'échappée si la malchance ne l'avait pas à nouveau accablé : crevaison ! Est-ce nouvel incident qui décuple ses forces ou la soudaine clémence des Dieux du cyclisme desquels on se rapproche en même temps que du sommet ?

Des 30 qui l'accompagnaient à 4 km du sommet, il n'en restait plus que 4, un km plus loin : Darrigade, Forestier, Privat et Janssens.
Au sommet, Bahamontès à la lutte avec Gaul pour le classement de la montagne, passe le 1er. Bauvin et Adriaenssens les suivent de près, talonnés par un " Walko " survolté qui ne pointe plus qu'à 50''. Ce dernier voltige dans la descente, reprend Bauvin pourtant réputé excellent descendeur puis rentre sur les échappés. C'est l'instant choisi par Ockers pour placer une mine : Gaul et Bahamontès s'observent, " Walko " et Bauvin récupèrent et Janssens ne ramène pas la meute sur son équipier.

La " puce de Bogerhaut ", surnom qui lui est attribué en raison de sa petite taille et de son lieu de naissance dans la banlieue d'Anvers, accroît rapidement son avance. Il passe en tête au col du Grand-Bois où Gaul prend sa revanche sur Bahamontès, marquant les points qui lui seront nécessaires pour finir meilleur grimpeur à Paris et plonge vers Saint-Etienne où il triomphe devant les deux " géants " de la montagne à 2'12''. A plus de 3', Walkowiak accompagné de Huot, Adriaenssens, Forestier et Bauvin franchissent à leur tour la ligne d'arrivée. Walkowiak n'a pas perdu son maillot jaune et gagnera le Tour de France.
Vainqueur final du Tour de France : Roger Walkowiak

2ème bouquet pour le sprinter italien Dino Bruni sur ce Tour 

Samedi 11 juillet 1959

16ème étape : Clermont-Ferrand-Saint-Etienne (210 kilomètres)

Placée entre l'ascension du Puy-de-Dôme et le franchissement des Alpes, cette étape est qualifiée de transition. Avec le col des Pradeaux et celui de la Croix de l'Homme Mort, sitôt la traversée d'Ambert effectuée, elle pourrait pourtant sourire à un baroudeur. Il serait aussi surprenant que le régional de l'étape, Roger Rivière, ne tente pas sa chance. C'est dans le bas du dernier col qu'il essaye de surprendre un peloton vigilant qui ne le laisse pas partir.

C'est donc un " paquet " encore groupé qui traverse Saint-Marcellin-en-Forez où la caravane salue Benoît Faure, l'enfant du pays qui participa à 7 des Tours de l'Entre-deux-guerres. Plus pour longtemps ! André Darrigade, le sprinter place 2 accélérations foudroyantes ; par 2 fois, le peloton revient sur le fuyard et ses compagnons d'échappée, sauf Pauwels qui profite de la 2ème tentative pour prendre la roue. Il reçoit le concours de l'Italien Bruni, redoutable sprinter, et du Suisse Graff. Ce dernier, formidable rouleur, assure l'essentiel du travail évitant à l'échappée d'être avalée par le peloton. Mais dans la dernière ligne droite, l'opportuniste Bruni le déborde. Pauwels, 3ème de l'étape revêt la tunique jaune abandonnée par son équipier Hoevenaers.

Vainqueur final du Tour de France : Federico Bahamontès


 

Pierre Molinéris bascule au col de la Gachet et plonge en direction de la Talaudière, 24 juillet 1953 (5 Fi 1526). Le vainqueur de l'étape Stan Ockers en compagnie du maillot jaune, Roger Walkowiak le 25 juillet 1956 (5 Fi 1861). Le vainqueur Dino Bruni sur le cours Fauriel le 11 juillet 1959 (5 Fi 1221).

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