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Sainté et le Tour, un centenaire en forme

La traversée de Rochetaillée pendant le contre-le-montre Saint-Etienne-Lyon le 5 août 1950 (5 Fi 1535).

Le centenaire du Tour en l'an 2003 restera comme l'une des dates majeures de l'histoire du sport cycliste et de l'Histoire tout simplement. Le Tour, élément du patrimoine populaire passionne les foules depuis maintenant un siècle. Chaque été, nous sommes des millions à entrer dans le Tour.

Quel pays mieux que celui des plaines, des mers et des cols aurait pu constituer un décor plus approprié pour une épreuve cycliste ! Le Tourmalet, l'Aubisque escaladés pour la première fois en 1910, le Galibier l'année suivante, l'Izoard en 1922 et plus récemment les quatorze lacets de l'Alpe d'Huez ou le Ventoux renvoient aux exploits les plus insensés, aux défaillances les plus cruelles, aux drames les plus épouvantables. Pour franchir l'infranchissable, les coureurs magnifiés par la plume des journalistes sportifs se font " routiers hercule ", forçats de la route, " aigles de la montagne ".... Ils deviennent les héros d'un espace géographique mythique qu'ils ont construit et popularisé à la force du mollet.

Et il y a aussi cette plongée en la France des terroirs qui composent une mosaïque de pays avec une géographie, une histoire et des traditions qui leur sont propres. Car le Tour est ainsi, il joue subtilement à la fois sur l'identité locale et sur l'identité nationale, ce qui ne l'a pas empêché d'abandonner ses frontières pour s'ouvrir vers l'extérieur. Ainsi, en 1958, il part de Bruxelles et participe à sa manière à la construction de l'Europe communautaire et au rapprochement des peuples.

Dans les années 1980, le Tour est entré dans la mondialisation avec la participation de coureurs des pays le l'Est, australiens, canadiens, américains, colombiens ou encore brésiliens. Il joue de sa notoriété mondiale tout en renvoyant à l'enracinement au terroir. Il était donc normal que le Forez avec sa préfecture riche de son patrimoine industriel et capitale du cycle (les bicyclettes La Gauloise, l'Hirondelle, Le Chemineau Robust, Hunter, et plus près de nous Manufrance, Mercier pour n'en citer que quelques unes sont sortis des ateliers des manufactures et marchands de cycles ligériens) séduisent le Tour.

Une jeunesse rude 

Un Tour qui ignore Saint-Etienne comme ville étape durant près de cinquante ans même si la tragi-comédie qui se joua dans le col du Grand-Bois (plus connu aujourd'hui sous le nom de La République) lors de l'étape Lyon Marseille le 10 juillet 1904 marqua durablement les esprits. Dans l'obscurité, Maurice Garin, premier vainqueur de l'épreuve en 1903, dit "le petit ramoneur italien" est victime d'une embuscade tendue par quelques supporters du local Alfred Faure. Il ne doit son salut qu'à l'arrivée des officiels qui tirent quelques coups de revolver pour disperser les assaillants.

Ce Tour tourne dans le sens des aiguilles d'une montre (il en sera ainsi pour les 10 premières éditions), il est long de 2410 kilomètres pour seulement six étapes (Paris Lyon, Lyon Marseille, Marseille Toulouse, Toulouse Bordeaux, Bordeaux Nantes, Nantes Paris).On court la nuit (jusqu'en 1905). Les machines ne sont pas équipées de dérailleurs, le changement de vitesse se fait par retournement de la roue arrière .Les coureurs accomplissent des efforts surhumains pour le franchissement des premiers cols : l'Aubisque et le Tourmalet en 1910, le Galibier en 1911, Izoard et Vars en 1922. Plus que sept années avant l'apparition des premiers postes TSF qui donnent une dimension supplémentaire à l'héroïsme des coureurs. Les difficultés sont plus nombreuses, le kilométrage total a été augmenté mais les étapes longues de 400 kilomètres ont été abandonnées dès 1905 et la voiture balai créée en 1910. Et en 1937, les bicyclettes sont enfin munies de dérailleurs.

Dans le premier demi siècle d'existence, citons encore parmi les évènements marquants :

  • la création du maillot jaune en 1919.
  • l'introduction des équipes nationales qui remplacent les équipes de cycle qui assuraient la logistique et l'hébergement.
  • la création de la caravane publicitaire en 1930 pour financer et animer l'épreuve.
  • la création du grand prix de la montagne (mais il faut attendre 1975 pour le fameux maillot blanc à pois rouge du meilleur grimpeur).

Une longue histoire d'amour avec Saint-Etienne 

C'est déjà la plus grande épreuve cycliste du monde que les stéphanois en liesse accueillent pour la première fois le jeudi 3 août 1950, cours Fauriel, terme d'une étape Briançon Saint-Etienne longue de 291 kilomètres. C'est surtout une épreuve qui a su trouver la formule de course qui lui convient le mieux et qui ne connaîtra plus de grandes modifications dans son organisation, si ce n'est l'apparition du prologue en 1967 et la disparition des équipes nationales l'année suivante remplacées par des équipes sponsorisées.

Le début d'une belle histoire d'amour qui compte à ce jour 22 épisodes qui connurent pour la plupart leur dénouement sur la plus belle de nos avenues, cours Fauriel (sauf en 1953 et 1980).

Les étapes stéphanoises
Dates Etapes Km Vainqueur de l'étape Vainqueur final
03/08/1950 19 ème étape
Briançon > Saint-Etienne
291 Raphaël Géminiani Ferdi Kubler
24/07/1953 20 ème étape
Lyon > Saint-Etienne (Contre la montre)
70 Louison Bobet Louison Bobet
25/07/1956 19 ème étape
Grenoble > Saint-Etienne
173 Stan Ockers Roger Walkowiak
11/07/1959 13 ème étape
Clermont-Ferrand > Saint-Etienne
210 Dino Bruni Frédérico Bahamontès
02/07/1961 8 ème étape
Châlon-sur-Saône > Saint-Etienne
140 Jean Forestier Jacques Anquetil
07/07/1963 14 ème étape
Aurillac > Saint-Etienne
236 Guy Ignolin Jacques Anquetil
11/07/1966 19 ème étape
Chamonix > Saint-Etienne
264 Ferdinand Bracke Lucien Aimar
16/07/1968 17 ème étape
Aurillac > Saint-Etienne
236 Jean-Pierre Genet Jan Janssen
06/07/1971 9 ème étape
Clermont-Ferrand > Saint-Etienne
153 Walter Godefroot Eddy Merckx
20/07/1977 18 ème étape
Rossignol-Voiron > Saint-Etienne
199 Joachim Agostinho (déclassé) Bernard Thévenet
15/07/1978 15 ème étape
Saint-Dié d'Auvergne > Saint-Etienne
196 Bernard Hinault Bernard Hinault
1707/1980 19 ème étape
Voreppe > SaintEtienne
139 Sean Kelly Joop Zoetemelk
18/07/1980 20 ème étape
Saint-Etienne > Saint-Etienne (Contre la montre)
34 Joop Zoetemelk Joop Zoetemelk
17/07/1983 16 ème étape
Issoire > Saint-Etienne
144 Michel Laurent Laurent Fignon
13/07/1985 14 ème étape
Autrans-Méandre > Saint-Etienne
179 Luis Herrera Bernard Hinault
23/07/1986 19 ème étape
Villard de Lans > Saint-Etienne
179 Julian Gorospe Greg Lemond
24/07/1986 2O ème étape
Saint-Etienne > Saint-Etienne
58 Bernard Hinault Greg Lemond
14/07/199O 13 ème étape
Villard de Lans > Saint-Etienne
149 Edouardo Chozas Greg Lemond
20/07/1992 15 ème étape
Bourg d'Oisans > Saint-Etienne
198 Franco Chioccioli Miguel Indurain
13/07/1995 11 ème étape
Bourg d'Oisans > Saint-Etienne
199 Maximilian Sciandri Miguel Indurain
18/07/1997 12 ème étape
Saint-Etienne > Saint-Etienne (Contre la montre)
55 Jan Ullrich Jan Ullrich
15/07/1999 11 ème étape
Bourg d'Oisans > Saint-Etienne
199 Ludo Diercksens Lance Armstrong
23/07/2005 20 ème étape
Saint-Etienne > Saint-Etienne (Contre la montre)
55 Lance Armstrong Lance Armstrong


 

Yvette Horner joue de l'accordéon sur la ligne d'arrivée le 25 juillet 1956 (5 Fi 1864).

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