Mai 68 : le contexte international

Manifestation à Mexico

Une contestation planétaire 
 

68 n'est pas un phénomène franco-français, les mouvements de contestation générale ont une dimension planétaire. "Les crises de 68" apparaissent comme le point culminant de l'aspiration à la liberté et au changement dans des sociétés exaspérées par le statu quo et le respect de codes socio-éthiques jugés obsolètes comme le souligne le professeur Patrick Dramé de l'université de Sherbrooke (Canada).

Le "printemps français" s'inscrit donc dans une histoire qui débute au début des années 1960, avec une série d'évènements qui vont embraser le monde et qui ont pour acteur principal la jeunesse.

Aux Etats-Unis, les noirs, victimes de ségrégations, improvisent de nombreux sit-in (tradition reprise des actions de Gandhi en Inde) dans les Etats du Sud. Cette forme d'action revendicative et non violente se retrouve chez les étudiants dans leur contestation de la guerre du Vietnam. Elle gagne progressivement l'ensemble des pays occidentaux où les revendications relatives à l'enseignement, la condition étudiante se mêlent à l'opposition à la guerre. L'irruption de la télévision dans les foyers, notamment européens et français, joue un rôle essentiel dans la diffusion des images du Vietnam et contribue à faire de cette guerre le "scandale" de la décennie. Quant à l'assassinat de Martin Luther King (4 avril 1968) et celui de Robert Kennedy (4 juin 1968), ils semblent démontrer que le système politique a atteint ses limites. Les poings levés, gantés de noir, de John Carlos et Tommie Smith aux JO de Mexico contribue à dégrader l'image positive des Etats-Unis.

Dans un article signé Pierre Viansson-Ponté, le journal Le Monde du 15 mars 1968 titre "La France s'ennuie" et l'auteur d'ajouter : "Les étudiants manifestent, bougent, se battent en Espagne, en Italie, en Belgique, en Algérie, au Japon, en Amérique, en Egypte, en Allemagne, en Pologne même". Il aurait pu ajouter, quelques mois plus tard, "au Mexique" avec la répression sanglante de la manifestation étudiante de la place Tlatelolco (325 morts). Aucun pays n'est à l'écart de ce vent contestateur qui balaye la planète, même si les temps et les modalités de la contestation sont très divers et ne coïncident pas toujours avec les évènements français.

"L'espace 68" (cf. Geneviève Dreyfus-Armand in L'Histoire, n° 330, avril 2008) s'est donc déployé au niveau international, mais aussi dans la durée avec un avant 68 et un après 68.

 

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