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Aspects de la vie religieuse à Saint-Etienne - Paroisses et congrégations catholiques - Protestants

L'église Saint-Ennemond, sans date (3 M 14 ICONO 1).

Les paroisses 

L'Ancien Régime et la Révolution 

L'abbaye de Valbenoite est fondée par les moines de Bonnevaux à la fin du XIIème siècle. L'église de l'abbaye devient, après la Révolution, une des églises paroissiales de Saint-Etienne.

Le premier acte authentique dans lequel apparaissent Saint-Etienne et sa paroisse date de la fin du XIIème siècle et il faut attendre une centaine d'années pour retrouver une évocation de la paroisse de Saint-Etienne.

Plus tard, la Grand'Eglise, actuelle église Saint-Etienne, est bâtie entre 1469 et 1486. Des travaux d'agrandissement et de rénovation se succèdent au fil des siècles. Mère de toutes les paroisses, elle a vu son territoire s'amenuiser au fur et à mesure de la création des autres circonscriptions ecclésiastiques.

L'église Notre-Dame est construite en 1669. Succursale de la Grand'Eglise dans un premier temps, elle devient le siège d'une paroisse en 1754. Fermée au culte pendant la Révolution, il faut attendre qu'un particulier rachète l'église à la commune et la rétrocède à la paroisse pour que l'activité religieuse reprenne. Au XIXème siècle, le territoire de la paroisse est démembré par la création de Sainte-Marie en 1808, Saint-Louis en 1820 et Saint-Roch après 1850.

En 1683, le curé Guy Colombet, ancien prédicateur à la cour de Louis XIV, crée l'institution de la Charité.

Sous la Révolution, la Grand'Eglise est transformée en forge, Notre-Dame en temple de la Raison, la chapelle des Minimes (actuellement l'église Saint-Louis) en salle de mairie, puis en salle de concert, de bal, de théâtre avant de redevenir église vingt-cinq ans plus tard.

La période du Concordat (1801-1905) 

La carte paroissiale se dessine largement pendant cette période.

Une ordonnance royale de 1819 autorise la création de cinq cent nouvelles paroisses. On décide donc de transformer la chapelle des Minimes en église paroissiale. L'ordonnance royale du 20 septembre 1820 consacre l'église Saint-Louis, nom choisi pour attirer les faveurs du roi. La nouvelle entité connaît bien des difficultés pour la rénovation de l'église et la reconnaissance de ses délimitations, ratifiées par décision royale en 1823. Pauvre au début, cette circonscription ecclésiastique bénéficie au cours du XIXème siècle de la rénovation et la valorisation du quartier des Gauds.

Dans le quartier de Tarentaize, est construite en 1737 la chapelle de Polignais. Saint-Ennemond en est le patron. En 1791, les habitants du quartier demandent que la chapelle devienne église paroissiale, chose faite en 1808. En 1836 débutent les travaux de construction de la nouvelle église, livrée au culte en 1843 (l'ancienne chapelle est détruite l'année précédente). Deux congrégations sont installées par les curés de la paroisse : la Confrérie de l'Immaculée Conception en 1854 qui devient Congrégation des Enfants de Marie et les Petites Soeurs de l'Assomption vers 1900. Notons enfin que l'abbé Brat, curé de la paroisse, crée la chapelle de Notre-Dame-de-Lourdes en 1932 qui devient cinq ans plus tard, église paroissiale.

L'église Sainte-Marie est construite sur l'emplacement d'un ancien couvent des Visitandines, lui-même construit en 1621. Après avoir servi de prison sous la Révolution, les autorités ecclésiastiques décident de faire à Saint-Etienne trois nouvelles paroisses dont celle de Sainte-Marie. Les travaux se font en deux étapes : la chapelle est restaurée en 1808 (date de la création de la nouvelle paroisse) pour devenir église, elle-même agrandie et inaugurée en 1824. L'année suivante, une partie de la paroisse se détache pour rejoindre la nouvelle paroisse Saint-Louis. Paroisse la plus peuplée, une zone géographique de six mille habitants forme en 1841 une nouvelle paroisse, celle d'Outre-Furan (le Soleil) : Sainte-Barbe.

L'église de cette dernière est construite de 1843 à 1847, année de son inauguration. Endommagée par le bombardement de mai 1944, elle est reconstruite en partie.

La succursale Saint-Charles est créée le 29 juin 1841. Son nom proviendrait de l'aide apportée dans les années 1820 à son érection par la duchesse d'Orléans, nièce de Charles X. La construction de l'église était d'ailleurs prévue pour 1830 mais elle est repoussée à cause de la Révolution de Juillet. Son territoire est pris sur celui de la Grand'Eglise. Saint-Charles en est d'ailleurs une des dernières nées. Au début, le siège de la paroisse n'est qu'une chapelle. Il faut attendre 1923 pour voir la construction de l'église, devenue depuis 1970 et la création du diocèse de Saint-Etienne, cathédrale.

Vers 1840, une chapelle est élevée à Montaud, presque en face de l'église actuelle. La paroisse est créée peu après par décret royal du 23 juin 1842 sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste. Le premier souci du curé, l'abbé Félix est la construction d'une église. Ouverte au culte dès 1851, l'édifice est terminé en 1860 avec l'installation de l'horloge de l'Hôtel de ville de Saint-Etienne dans le clocher de l'église.

L'église Saint-Roch est construite lentement de 1847 à 1860. La paroisse est créée en juin 1856.

L'église Saint-François-Régis est édifiée en 1858 puis érigée en paroisse par décret impérial le 28 juillet 1860. En 1912, une nouvelle église est construite, l'ancienne étant désaffectée puis détruite en 1924. Le nouvel édifice est bombardé le 26 mai 1944 et reconstruit en 1954.

La paroisse de la Rivière est fondée peu après l'annexion par Saint-Etienne de la commune de Valbenoite : le 6 janvier 1869, un décret impérial érige en succursale les paroisses de la Rivière et de la Nativité (dont l'église est établie depuis 1859). Avant cela, et après bien des difficultés, l'église Saint-Pierre-Saint-Paul, construite à partir de 1860, est achevée et bénite le 26 octobre 1862.

Dès 1862, les habitants des quartiers Gaillard, Côte-Chaude, Chavassieux signent une pétition pour l'érection d'une paroisse. C'est chose faite onze ans plus tard. Le décret présidentiel du 4 juillet 1873 érige l'église Saint-André de Côte-Chaude en succursale.

Les paroisses après la loi de Séparation 

Le 19 mars 1913, la paroisse Saint-Joseph est créée dans le quartier de Monthieu : la population croît sans cesse et les habitants sont de plus en plus éloignés des paroisses environnantes.

La paroisse Saint-Vincent-de-Paul dans le quartier de la Jomayère semble dater de 1914 suite à la décision de l'archevêque de Lyon, Hector-Irénée Sevin.

En 1970, le diocèse de Saint-Etienne voit le jour. Les arrondissements de Saint-Etienne et Montbrison se détachent du diocèse de Lyon (au contraire de celui de Roanne) pour former la nouvelle entité. L'église Saint-Charles, longtemps attendue puis construite en 1923, devient cathédrale.

Les congrégations 

Le nombre des paroisses à Saint-Etienne passe de quatre en 1820, à neuf en 1846, puis à quatorze en 1890 pour un nombre toujours plus grandissant de ministres du culte. Toutefois, la religion et les institutions catholiques n'ont pas attendu cette époque pour s'installer en ville.

Au début du XVIIème siècle, certaines congrégations s'installent : les Minimes, les religieuses Sainte-Catherine, les Ursulines, les Capucins et la Visitation. Au XIXème siècle, elles se multiplient : de cinq en 1818, elles passent à seize vers 1890. Leurs activités sont principalement l'éducation et l'assistance. Ainsi, les petits frères de Marie tiennent un pensionnat à Valbenoite, comme les soeurs de Saint-Charles, qui s'occupent des jeunes filles et des sourdes et muettes. Les soeurs de Saint-Joseph comptent cinq établissements : deux pensionnats à Saint-Etienne même et à Valbenoite, le Refuge, la Providence et le Pieux Secours. Les soeurs de la Sainte-Famille desservent un pensionnat pour jeunes filles, celles de Saint-Vincent-de-Paul s'occupent de la Charité et d'un hôpital au Soleil, les soeurs de Nevers s'occupent de l'Hôtel-Dieu et tiennent un asile et un pensionnat à Valbenoite.

La religion protestante 

Les protestants, bénéficiant depuis la Révolution de la liberté de culte, sollicitent dès 1827 un local pour leurs réunions. Le premier est rue Royale (actuellement rue de la République) puis est déplacé en 1830 à la Bourse de la Condition des Soies. En effet, le 2 septembre 1829, une ordonnance royale institue un oratoire à Saint-Etienne : il s'agit d'une Eglise oratoriale c'est-à-dire que le nombre de ses membres est inférieur à six mille. En 1852, un décret impérial réorganise les Eglises protestantes en revoyant notamment le découpage administratif. La paroisse stéphanoise devient Eglise Consistoriale. En 1855, la Ville acquiert un terrain à l'angle de la rue de la Paix et Saint-Paul (devenue Elisée Reclus). D'une superficie de 486 m² et pouvant accueillir mille personnes (on dénombre deux mille protestants dans les deux arrondissements de Montbrison et Saint-Etienne), le temple est inauguré le 29 avril 1860.

Le béguinisme semble être un phénomène assez local. Membres d'un mouvement né vers 1794 d'une déviance du jansénisme convulsionnaire, les béguins comptent vers 1830 environ cinquante membres. Après la disparition des chefs comme l'abbé Fialin ou le curé Drevet, le groupe dérive pour une part vers le protestantisme dans les années 1830.

 

 

2 commentaires

  • Yves le loup, 13 juillet 2017 à 22h41Répondre
    Ne manque-t-il pas un paragraphe sur le jansénisme à St Etienne ?
    • Archives municipales, 21 août 2017 à 11h14Répondre
      Les tranches d'histoire ici proposées n'ont pas la prétention d'être exhaustives, aussi il manque encore de nombreux thèmes non encore présentés, y compris le jansénisme. Enrichir le site est une œuvre de longue haleine et collective.
      C'est pourquoi ce site se veut participatif, si vous souhaitez nous proposer un article sur ce sujet, ou un autre, n'hésitez pas à nous le soumettre dans notre rubrique Contribuez !
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