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Histoire(s) stéphanoise(s)

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Servez-vous!

Lancement en « libre-service » de la succursale n° 1290 à Chalon-sur-Saône, septembre 1954, Album Photo n° 6, p. 574, publié dans Entre-Nous n° 512, 10 septembre 1954
Si le magasin principal, rue Michel Rondet, est aménagé dès 1948 en libre-service, il faut attendre 1953 pour que les anciennes succursales soient massivement transformées selon ce modèle.

Au tout début des années 1950, les réticences de la clientèle sont nombreuses. Il est difficile de s’arracher à la mise en scène du commerce dans laquelle le comptoir ou le meuble d’exposition crée un mur entre le client et la marchandise que seul le gérant peut franchir. Dans ce cadre traditionnel, c’est le gérant qui doit apporter la marchandise à portée du client, éventuellement la lui mettre en main, afin que celui-ci puisse s’en saisir. S’emparer seul d’un article, c’est exécuter un geste de voleur. Ainsi, nombreux sont les clients qui, entre 1950 et 1955, refusent encore de remplir eux-mêmes leur panier.

Lors de l’accélération des transformations en libre-service à partir de 1953, les gérants doivent apprendre à leur clientèle à se servir seule, allant parfois jusqu’à l’accompagner pour placer eux-mêmes les produits dans le panier.

Ce geste de se servir soi-même bouleverse l’intégralité du théâtre de vente qu’est le magasin. Les gondoles entre lesquelles on peut circuler remplacent les meubles d’exposition qui arrêtaient le regard. Les photographies publiées dans la revue interne, qui ont une fonction plus incitative que documentaire, construisent alors une toute nouvelle représentation de la scène de vente. Si le gérant des succursales traditionnelles était photographié devant ses étalages, derrière son comptoir ou son meuble à froid, le gérant des libre-services évolue au milieu des marchandises, et la scène de vente devient le moment où il conseille un client ou l’aide à remplir son panier.

Les devantures, véritables cadres de scène du théâtre commercial, traduisent elles-aussi ce changement de décor. De la boîte hermétiquement close qui protégeait les marchandises, on passe à leur exposition claire et transparente. Les vitrines deviennent de larges baies vitrées qui invitent, dès l’extérieur, à saisir du regard des marchandises dont on peut dorénavant librement s’emparer pour remplir son panier.

 

Une cliente essaie pour la première fois un chariot « libre-service » au magasin principal, octobre 1948, Album Photo n° 4, p. 257, publié dans un article commémoratif de Entre-Nous n° 186, 16 août 1968, p. 6M. et Mme Gauthier en pleine vente de charcuterie, à la succursale n° 1121 de Bollène, mai 1953, Album Photo n° 5, p. 450, publié dans Entre-Nous n° 440, 29 mai 1953, p. 2Une vendeuse accompagne une cliente qui lui désigne un article, avril 1954. Album Photo n° 6, p. 523, publié en Une de Entre-Nous n° 489, 16 avril 1954La succursale n° 82-19 de Fréjus-Plage le jour de son ouverture, avril 1956. Album Photo n° 8, p. 714, publié dans Entre-Nous n° 602, 27 avril 1956, p. 6
La saga Casino

Animé par les archives municipales, le musée d'art et d'industrie, la cinémathèque et le conseil scientifique, ce blog vous propose de découvrir le projet Casino à travers le patrimoine historique du groupe et de suivre les avancées des travaux autour de ce fonds exceptionnel.

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Billet publié le 06/09/2018

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